Le management à la Netflix... Pour le jdr ? 66

Forums > Repaire des trolls (et des liches)

avatar

Derrière cette question un article publié dans le Le Point du 25 février sur cet ouvrage :

Reed Hastings, pdg de Netflix et Erin Meyer, professeure en management interculturel à l'Insead.

D'après l'article, le succès de Netflix tient beaucoup à son management qui rompt avec les différentes nuances que l'on connait.

Qu'en est-il ?

  1. On n'embauche que les surdoués, on ne veut pas d'une personne moyenne, bonne ou excellente, on veut la meilleure et on donne la rémunération qui va avec.
    Cette méthode d'ailleurs ne coûte pas plus chère à l'entreprise car d'une part son travail va générer bien plus de profits et que, d'autre part, dans certains domaines, comme la création, la meilleure personne obtiendra plus de résultats qu'une dizaine de créatifs moyens ou bons.
  2. Pas de " protocole humain de politesse ", on n'a pas de temps à perdre avec cela et, de plus, dire les choses tout de suite, ça permet de partir sur des bases claires.
  3. Transparence totale pour les rémunérations, chacun sait ce que gagne l'autre et pourquoi, ce qui est un instrument de motivation pour tous.
  4. Pas de hiérarchie stricte, un subordonné peut passer outre les consignes de son supérieur, même du pdg. Il ne sera jugé que sur les résultats. Soit il a bien fait et grosses primes soit il a mal fait = viré.
  5. On peut être viré à tout moment, pas pour faute, mais pour baisse d'efficacité. Si on n'est plus perçu comme le meilleur dans son domaine ou sur un projet, on prend la porte.
  6. On prend autant de vacances que l'on veut, quand on veut, encore une fois, seule la finalité compte. Si en prenant 1 jour de vacances sur deux toute l'année on arrive à boucler en un temps record un projet avec des résultats superbes, c'est banco.
  7. Les frais professionnels n'ont aucune limite et il n'y a aucun contrôle des ces derniers.

Ce qui est étonnant c'est que le taux de turnover volontaire est plus faible chez Netflix que dans les autres entreprises américaines : 4% annuel contre 12%. Donc les salariés y trouvent leur compte.
Ce qui est encore plus intéressant est que le turnover non voulu (= viré) n'est que de 8% annuel contre 6% pour les autres entreprises, ce qui signifie qu'à la base, Netflix cible bien " ses surdoués ".

Et le jdr dans tout cela ?

Ben justement, et peut-être à tort, cela me semble assez bien collé à l'univers du jdr où les meilleurs des créatifs sont à la base des meilleurs des jdrs, mais pour cela faut aussi ce qui se fait de mieux en relecteur, maquettiste, illustrateur, ...
Et ce n'est pas le nombre qui compte mais le niveau d'une ou deux personnes dans chaque domaine.

Bien entendu, en France, on a tout un tas de règles censées protéger les salariés qui empêchent ce type de management mais ça n'empêche pas de s'y intéresser.

Après, j'y vois aussi des défauts :
- Une vie de famille difficile sauf si cette dernière est une béquille sur laquelle on s'appuie (mais alors la famille quant à elle, elle en prend pour son grade, sorte de chemin de croix pour les autres membres).
- Elle laisse de côté tous ceux qui ont eu des accidents de la vie (maladie, handicap, ...) et qui en raison de cela ne peuvent peut-être plus prétendre être le ou la meilleure.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • LeoDanto
avatar

1. Lol. Pardon, mais je n'ai que ça à dire, au vu de la réalité de la prod Netflix (qui contient du très bon comme du catastrophique).

2 et autres. C'est beau les discours officiel de la boite. Pour avoir bossé en sous-traitance pour du Netflix, c'est une catastrophe : on sous-paie les gens, on les presse jusqu'à l'os, on se fout de la qualité (les doublages sont par exemple vérifiés, non pas à l'oreille mais à la forme d'onde, du coup on a des trucs aberrants comme "mais là en VO il ne fait pas de bruit" alors qu'en VF tu as habillé un mouvement parce que c'est nécessaire, ou "mais là en VO ils ne jouent pas la distance entre les personnages au mix", du coup les persos sont à 100m l'un de l'autre mais ils se parlent comme s'ils étaient à côté), on presse les délais et on n'intègre pas les retakes et les modifs nécessaires, on est tellement radin qu'outre pour les "grosses" prods (en gros celles qu'on met en avant), les autres n'ont même pas le moyen de se payer un directeur de plateau (c'est comme faire un film sans réalisateur quoi). Et ça c'est quand ce n'est pas sous-traité en belgique, en espagne, au maroc, en israel, ou même plus loin encore.

Ne parlons même pas des sous-titrages confiés à des personnes qui n'ont généralement aucune expertise, parce qu'il faut bien les mettre mais qu'on ne va pas payer des traducteurs au juste prix avec des délais raisonnables, et qui du coup sont remplis de contresens et autres fautes d'orthographes, voire même de frappe.

Il faut aussi savoir que Netflix est l'une des plateformes les moins rémunératices (sauf quand on s'appelle scorsese et qu'on peut négocier). Amazon Prime rémunère plus que Netflix en droits.

Alors des surdoués... je ne sais pas. Des surdoués en gestion marketting certainement. Pour le reste, c'est quand même une entreprise qui sous-paie et qui engage des sous-traitants non pas en fonction de leurs compétence mais de leur prix.

Et sinon les moyens et la portée du marché de Netflix n'a rien à voir avec les moyens et la portée d'un éditeur de JDR. Ce modèle n'est simplement pas possible parce que, et ça on n'a de cesse de le répéter : soit il n'y aura pas assez de ventes pour permettre de rentabiliser des salaires trop élevés sur un projet (parce que auteurs, traducteurs et cie ne sont pas en CDI...), soit il faudra augmenter le prix des ouvrages, réduisant encore plus le nombre d'acheteurs.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • Edwin
avatar
Edwin

En France, le métier d'auteur en jdr n'existe pas - parce que le milieu n'est pas suffisamment rémunérateur pour lui permettre d'exister (pour en vivre, façon LG - il faut être auteur/illustrateur/maquettiste/éditeur).

Ce management (qui me fait frissonner d'horreur au passage) pourrait être appliqué si une mission confiée à un auteur était suffisante pour lui permettre d'en vivre, et lui permettre donc d'aménager son temps de création comme il l'entend.

Sachant qu'à ce jour, la quasi totalité des acteurs du marché disposent à côté d'un job alimentaire (celui qui les fait vivre, celui qui remplit le frigo et paie la maison, donc celui qui phagocyte l'énergie disponible), je ne vois pas bien comment ce modèle pourrait s'appliquer au jdr?

(Et après il y a le débat à "c'est quoi un auteur surdoué?" :p)

Bref, pas convaincu par le modèle, et je ne vois pas comment il serait applicable au jdr.

avatar
Julien Dutel

Intéressant ton témoignage Julien.

Tu penses que ton statut était lié à la sous-traitance ou que les salariés de Netflix sont aussi dans ce cas ?

Car bon, cela reviendrait à dire que l'ouvrage ne serait qu'un mensonge.

Le pdg prend par exemple une illustration d'une conversation qu'il a eu en 2004 avec son responsable des achats devant la machine à café, où ils avaient une opinion différente sur une commande de dvd, son responsable était pour un achat massif, le pdg pour un minimum, et au final ils ont manqué de dvd, ce fut un tel succès que le pdg fut le 1er étonné.
Depuis ce jour est née la logique de ne pas avoir à écouter sa hiérarchie qui en connait forcément moins dans votre domaine d'expertise.

avatar

Car bon, cela reviendrait à dire que l'ouvrage ne serait qu'un mensonge.

Edwin

Peut-être pas un mensonge complet sur tout mais sûrement une belle hagiographie sur la boîte et ses motivations... Le but de l'ouvrage étant aussi de faire de la publicité pour Netflix : puisqu'on vous dit qu'on ne garde que les meilleurs, abonnez-vous, vous ne le regretterez pas !

Et puis tous ces systèmes de management oublient un fait important : l'humain.

Etre performant tout le temps, ça n'existe pour personne. On a tous des coups de mou, de déprime, des problèmes à un moment ou à un autre qui font qu'on peut être moyen, voire mauvais le temps de se remettre en piste. En virant systématiquement ceux qui ne sont pas au top, c'est justement là qu'on se prive de toute possibillité de garder les meilleurs... sur le long terme.

avatar

Depuis ce jour est née la logique de ne pas avoir à écouter sa hiérarchie qui en connait forcément moins dans votre domaine d'expertise.

Edwin

Pour moi ça, c'est une notion de base du management: la reconnaissance de la compétence. Malheureusement - et je te rejoints dans ce que je crois lire entre tes lignes - ce n'est pas une règle dans toutes les entreprises et c'est bien dommage. Mais heureusement il y a de nombreuses sociétés où les experts de leur domaine sont écoutés.

Personnellement j'ai surtout lu dans le reste des points énnoncés ce que Julien a formulé par ses expériences: un appel au résultat et une précarité de l'employé. Tout ceci ne m'évoque pas des facteurs de confort et j'y vois trop de moyen d'abus - c'est clairement ça qui me fait frissonner.

avatar

Intéressant ton témoignage Julien.

Tu penses que ton statut était lié à la sous-traitance ou que les salariés de Netflix sont aussi dans ce cas ?

Car bon, cela reviendrait à dire que l'ouvrage ne serait qu'un mensonge.

Les salariés de Netflix sont pour l'immense majorité affectés à la gestion de l'entreprise, des équipes et des sous-traitants. Les créatifs ne sont pas salariés, ils sont en missions ponctuelle, comme tous les créatifs. Du coup ce livre n'est pas forcément un mensonge, mais il reflète juste la réalité de la structure manageriale de l'entreprise.

En gros pour traduire : "on a pris les meilleurs managers issus des meilleurs écoles, on se fait plein de fric avec parce qu'ils gèrent le pipeline de prod comme des requins. Bon par contre c'est vrai, des fois on met un gros billet sur la table pour avoir quelques gros noms créatifs, je vais dire que c'est notre politique même si avoir un grand nom ça se paie et que c'est lui et son agent qui fixent quand même un peu le prix... et qu'on a pas trop le choix..."

Netflix, ce sont des gestionnaires de contenu. Ils ne produisent rien (et j'insiste : ce ne sont pas des producteurs, les producteurs, même si on dit "une production Netflix", ce sont des entreprises auxquelles Netflix achètent les contenus). Ils sont plus proche d'un studio de distribution, et n'ont même pas de contrôles qualité contraignants (ils prennent ce qu'on leur donne). Neil Patrick Harris par exemple expliquait que sur les Orphelons Beaudelaire, ils n'avaient eu aucun aller-retour avec Netflix, les laissant libres comme l'air. Ce que ne font pas les gros studios normalement. On pourrait se dire que c'est génial pour la liberté créative, mais en fait c'est une économie de postes : pas de review, pas de pannel, pas de gens à payer pour ça.

Et ça se voit au demeurrant. Quand Michael Bay a sorti 6 underground, il a sorti un film Netflix en roue libre, sans aucun contrôle, review ou autre : tiens, on te file les sous, fais, de toutes façons ton nom nous rapportera des abonnements.

La politique de Netflix, c'est de noyer les gens sous le contenu pour avoir un catalogue toujours plus touffu, quitte à ce qu'il y ait des bouses dedans, tout en mettant en avant les quelques grosses licences et les gros noms qu'ils ont eu (comme bay, scorcese, bientôt burton). Ces gros noms leur assurent de nouveaux abonnés, ce qui est la seule et unique jauge de succès. Le nombre de vues n'a absolument pas d'importance. On a deux deux niveaux de contenu avec deux exigences :

- les contenus qui ne coûtent rien (les fonds de catalogue) qui sont là pour donner l'illusion de la profusion et servir d'argumentaire dans les sales pitch, et qui ne coûtent pas grand chose ("nous avons X milliers de séries de X pays différents, comment ne pas trouver votre bonheur ?")

- les contenus qui coûtent cher. Eux n'ont pour but que d'ammener de nouveaux abonnés. S'ils n'en amènent pas assez, notamment pour les séries, ne sont pas renouvelés pour une suite. Sans autre forme de procès.

Il n'y a aucune considération artistique. C'est du pur management.

Evidemment, quand une série (par exemple) n'est pas renouvelée, son équipe n'est pas licenciée par Netflix. La série étant achetée à une prod qui fait le travail, l'équipe ne rentre pas dans les chiffres des employés et donc on ne parle pas de turnover ou autre.

Là on essaie de nous dépeindre un modèle idéal, mais on omet quand même le très gros de la réalité de l'entreprise et de ce qu'implique sa gestion.

Ce message a reçu 2 réponses de
  • Senrad
  • et
  • Edwin
avatar

Edwin

C'est beau, on dirait du Thatcher !

avatar

Quelle horreur.....

Il n'y a pas une hiérarchie stricte, mais y en a quand même une pour te virer. Il y a donc une hiérarchie stricte!!

"Pas de " protocole humain de politesse ", on n'a pas de temps à perdre avec cela"....comment sépanouir dans un tel milieu sans devenir un odieux connard...?

Sont forts en marketting, c'est sûr....Je crois qu'il faut arrêter avec le libéralisme....

" les meilleurs des créatifs sont à la base des meilleurs des jdrs "...mouais, à voir....

avatar
Julien Dutel

Merci pour l'ensemble de ces précisions sur le travail avec une société comme Netflix. C'est édifiant.

avatar


- Elle laisse de côté tous ceux qui ont eu des accidents de la vie (maladie, handicap, ...) et qui en raison de cela ne peuvent peut-être plus prétendre être le ou la meilleure

Outre les multiples réserves émises plus haut par d'autres intervenants, que je rejoins pleinement, sans être nécessairement malade ou handicapé, qui peut se définir (ou même être défini par d'autres) comme "le ou la meilleure"? Le culte de l'excellence m'a toujours inquiété, tant il a à voir avec la recherche de la performance au détriment du reste, mais aussi avec l'illusion du surhomme et tout ce qui en découle (et je parle ici du point de vue d'une hiérarchie économique et sociale, nulle dérive dans mon propos).

avatar

- les contenus qui coûtent cher. Eux n'ont pour but que d'ammener de nouveaux abonnés. S'ils n'en amènent pas assez, notamment pour les séries, ne sont pas renouvelés pour une suite. Sans autre forme de procès.

Julien Dutel

Et c'est précisément ce qui m'a fait renoncé à m'abonner à Netflix. J'hésitais... Mais je me suis dit que si je m'intéressais à une série et qu'elle était abandonnée juste pour cette raison, je serai forcément très déçu. Qui a dit Dark Crystal ?

Bref, ce genre de management peut avoir l'apparence du bon : on ne produit que ce qui est immédiatement rentable, comme ça, on ne perd pas de sou. Mais ça a surtout du mauvais : on n'hésite pas à trahir ses fidèles clients juste pour attirer les nouveaux.

Avec cette politique, Steve Jackson Games aurait abandonné GURPS depuis longtemps. Ce jeu a survécu uniquement grâce aux ventes de Munchkins. Heureusement pour les fans de GURPS, Steve Jackson fait quant à lui uniquement du management sur le long terme. Il est fidèle à ses clients (une nouvelle éditions, c'est au minimum valable pour 12 ans) et à ses auteurs phares, qui sont avec lui depuis, houla, et même plus.

avatar

Bref Netflix est une société Elitiste qui à une approche de masse et des têtes de gondoles pour générer des abonnements.

Rien de très novateurs en somme. content

avatar

Bref Netflix est une société Elitiste
Alessandro Zanni

C'est-à-dire ? C'est que je ne vois pas en quoi elle s'adressait à une élite, aussi je crois que je ne comprends pas ce que tu veux dire.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • Alessandro Zanni
avatar
Julien Dutel

Sans développer, la présentation du livre rejoint d'ailleurs tes propos, l'accent est mis sur la liberté de ceux qui travaillent pour Netflix.
On peut donc en effet interpréter ce culte des meilleurs comme la poursuite des séries qui fonctionnent du tonnerre, Stranger Things par exemple, et toutes les autres, où on n'a pas " ces meilleurs ", qui sont un flop et non reconduites.
Quoiqu'il y a aussi de bonnes séries non reconduites, toujours cette balance entre coût de production et nombre de viewers.

Sinon, je faisais aussi un peu le lien avec le jdr, toutes proportions gardées, on a quelques éléments communs avec Agate et Dragons (dans leur façon de se présenter).
Loin de moins l'idée de dire qu'ils ont " les meilleurs " (d'une parce que ce ne serait pas gentil pour les autres et de deux, parce que les goûts et les couleurs...) mais ils ont tout de même bien recruté, entre une maquettiste à qui on a donné visiblement toute liberté pour exprimer sa créativité loin des canons du genre, des illustrateurs à qui on donne peut-être autant de liberté, jusqu'aux auteurs des textes peut-être aussi. En tout cas, du temps, ils en ont.
C'est un pari qu'ils ont fait et qui a failli les couler sans le succès du marché US et au début Netflix était un peu pareil, ils ont fait des paris sur des personnes, des modèles de fonctionnement qui n'allaient pas de soi.

Sans extrapoler, sans tout transposer, il y a tout de même certaines conceptions intéressantes, dont celle que souligne LeoDanto.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • Gollum
avatar

On peut donc en effet interpréter ce culte des meilleurs comme la poursuite des séries qui fonctionnent du tonnerre, Stranger Things par exemple, et toutes les autres, où on n'a pas " ces meilleurs ", qui sont un flop et non reconduites.

Attention, elle ne font pas un flop. Et c'est très important de le comprendre. Elles ne ramènent pas assez d'abonnements. Mais la réussite ou le flop devrait être mesurée par le nombre de vues. Tu peux avoir une très grosse communauté de fans, s'ils sont déjà sur la plateforme (donc qu'ils ont été fidélisés grâce à la série) et que la série n'amènent pas de nouveaux utilisateurs en assez grand nombre (Sense 8 est un parfait exemple), ta série est arrêtée. On ne parle pas d'excellence là. On ne parle pas de qualité; On parle de reach marketting. La fidélisation n'étant pas prise en compte...

On ne parle ni de qualité, ni de réussite.

Sinon, je faisais aussi un peu le lien avec le jdr, toutes proportions gardées, on a quelques éléments communs avec Agate et Dragons (dans leur façon de se présenter).
Loin de moins l'idée de dire qu'ils ont " les meilleurs " (d'une parce que ce ne serait pas gentil pour les autres et de deux, parce que les goûts et les couleurs...) mais ils ont tout de même bien recruté, entre une maquettiste à qui on a donné visiblement toute liberté pour exprimer sa créativité loin des canons du genre, des illustrateurs à qui on donne peut-être autant de liberté, jusqu'aux auteurs des textes peut-être aussi. En tout cas, du temps, ils en ont.
C'est un pari qu'ils ont fait et qui a failli les couler sans le succès du marché US et au début Netflix était un peu pareil, ils ont fait des paris sur des personnes, des modèles de fonctionnement qui n'allaient pas de soi.

Oui alors oui et non. Je suis désolé mais il n'y a pas plus de libertés d'un côté ou de l'autre. Il y a des choix et des aspects mis en avant ou non. C'est tout.

Quand j'ai écrit les 5R, j'ai été libre. Totalement. Intégralement. J'ai fourni presque 2 fois plus de matos que ce qui était prévu au départ, et on ne m'a pas du tout contraint à quoi que ce soit. Ce qui n'empêche le livre d'être sorti.

Agate font des choix économiques autant qu'éditoriaux, comme tout le monde. Et ont aussi des contraintes, même s'ils communiquent sur le côté "atelier d'artiste".

avatar

Edwin

C'est beau, on dirait du Thatcher !

Jay

Cf. Libre d'obéir clin d'oeil

avatar
Edwin

Donner de la liberté est une très bonne chose. On ne peut que féliciter les Studios Agate de l'avoir fait.

Mais est-on pour autant obligé de se débarrasser de ceux qui s'en sont bien servi sous prétexte qu'ils font quelque chose qui se vend moins bien à un moment donné ? Il ne me semble pas que ce soit la politique des Studios Agate. Je me trompe peut-être complètement, mais j'ai cru comprendre qu'ils gardaient leurs maquettistes, leurs auteurs, leurs dessinateurs, etc., même quand un de leur jeu ou supplément était moins rentable que les autres.

Je pense que c'est surtout cet aspect des choses qui gêne tous ceux qui ont réagi ici dans ce que tu nous décris de Netflix.

avatar
SmirnovV76895

C'est sûr, les créateurs de jeu de rôle se prenaient moins la tête ! mort de rire

Ce message a reçu 1 réponse de
    avatar

    C'était une plaisanterie, SmirnovV. En 1974, fin de l'ORTF, naissait à peine le tout premier jeu de rôle, Dungeons & Dragons première édition...

    Plus sérieusement, je pense que tout les types de management peuvent avoir leur qualité (si certains sont tentés par l'expérience, c'est leurs oignons, comme tu le dis). A condition qu'il y ait aussi d'autres possibilités autour. Parce que s'il n'y avait que le type de management à la Netflix, on n'aurait jamais eu les oeuvres que nous aimons : même Spielberg a fait des flops. De plus, on ne compte pas le nombre d'excellents artistes qui ont eu énormément de mal à trouver leur public au départ...

    Ce message a reçu 1 réponse de