[B&B] Notre Campagne toulousaine 133

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La soirée se déroulait tranquillement. Un garde comme tant d’autre : quelques regards menaçants, désamorçage de bagarres, humiliation d’hommes fiers et censément supérieurs. L’agréable routine.
L’auberge ferme ses portes, les clients finissent leur consommation et débarrassent gentiment le plancher.

Mais au bout de quelques minutes, une cliente revient en courant, trébuchant et hurlant à l’aide. Le c½ur d’Amazone de Cléo fait un bond. Elle empoigne son bouclier et pour la première fois depuis bien longtemps, dessertit la Lame d’Amazone ; sous l’½il ahuri des passants et clients en train de quitter la zone, prenant bien soin de ne pas se mêler des affaires des autres.

La jeune femme s’écroule aux pieds de la Videuse et lui promet de l’argent pour son aide. Elle ramasse hâtivement les possessions qui lui ont échappées dans sa chute [sans que qui que ce soit n’y prête attention] alors que ses poursuivants se montrent enfin. Quatre hommes en cape longue et sombre, des voleurs ? L’un d’eux, masqué, prend la parole pour réclamer la fille contre une histoire de vie sauve. Sans doute le chef de la bande.
L’Amazone fait barrage : on ne laisse pas une femme en détresse, à plus forte raison quand des hommes en sont la cause.

Un trio de mercenaires finissant leur verre est resté dans le coin, intrigué, à l’affut d’un peu d’action. Qui ne tarde pas.

D’un geste du masque, le signal est donné. Les voleurs chargent notre héroïne, l’un d’entre eux se concentre sur la récupération de leur proie. Les trois clients jettent leur choppe, dégainent et plongent dans la mêlée pour secourir ces deux femmes en détresse. Une flèche prend l’un d’entre eux à l’épaule. Merde, un archer sur le toit.

Le combat est rude, un voleur parvient à empoigner sa cible, l’un des mercenaires est abattu, Cléo tente de récupérer la jeune femme mais reçoit une blessure mortelle qui la contraint, dans un dernier effort voué à l’échec à se jeter à l’intérieur de l’auberge d’où le gérant sort en appelant la garde. [Hop, un jeton en moins pour la prochaine session ! ^^]

La soirée se déroulait tranquillement. Puis le sang a coulé. L’un des mercenaires en soutien spontané a péri, ses amis bien amochés, la jeune femme a été embarquée, tous les voleurs ont fui et l’Amazone a frôlé la mort de très, très près…

Puis ce crieur de rue le lendemain matin…

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Réveil difficile. Mal partout. Sa blessure bien sûr, mais le crâne surtout.

Cette ville est pleine de ces gamins qui, dès le lever du soleil, cavalent en hurlant les promotions de tel marchand, ou les dernières décisions du gouverneur. Ce matin, c’est un garçon d’arène qui passe devant le Merlan frit. La Hache de l’Enfer aurait vaincu le Héros de la grande arène impériale. Neresh Hellaxe … faut toujours qu’ils en rajoutent ces gladiateurs. Les foules adorent.

Le crieur s’éloigne de sous sa fenêtre, puis se tait quelques secondes, et se remet à crier mais dans un autre registre : l’effroi.

– Des cadaaaaavres ! hurle-t-il en s’éloignant à vive allure.

Cléo était déjà réveillée de toute façon. Elle descend péniblement pour voir ce qui se passe avant que la garde ne sécurise la zone.
Un petit attroupement s’est formé au coin de la rue. Elle joue un peu des coudes et découvre deux cadavres mutilés, familiers : La jeune femme en détresse d’hier soir et l’un de ses poursuivants. Aucune blessure apparente à cette respectable distance, mais un stigmate très singulier : leurs yeux sont complètement brûlés…

Le nouveau Capitaine de la Fiancée du Sang se réveille en sueur.

– Ces morts mystérieuses ont donc encore lieu ?!

Le rêve s’effiloche lentement, les souvenirs de l’enquête qu’elle a menée par la suite sont encore flous. Tout ce dont elle se rappelle clairement, c’est qu’elle a échoué à sauver une jeune femme dans le besoin et a failli rester sur le carreau. Face à une poignée de malfrats ignorants…

Trop tôt pour en parler aux autres.
Elle se frotte les tempes, essayant de reconstituer le fil de son investigation.

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Trop tôt pour en parler aux autres.

"Au fait, j'ai oublié de vous dire..."

Famous last words

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Cléo ferme les yeux, fort, et se masse les tempes tout en remuant son rêve et sa mémoire.

L’infortunée se nommait Leela, une jeune membre de la Guilde des Courtisanes.
Elle semblait tenir à un des objets qu’elle avait perdus dans sa chute, mais quoi ? Elle n'a pu bien voir ce que c’était… Une collègue la trouvait très remontée ces derniers temps, éc½urée par les injustices de la société, les nobles et les riches en particuliers.

Un groupe de voleurs.
A priori des membres de la Guilde, mais en mission personnelle visiblement. Personne ne veut prendre le risque de confirmer ou d’incriminer l’organisation… Trop risqué. En parler au chef de la Guilde peut-être. Avec quelle preuve ? Un homme masqué en cape sombre ? Ils sont des milliers.

Un prêtre, récemment arrivé en ville.
Disciple d’un dieu mendiant. Sa prêche aurait trouvé écho dans le c½ur de la jeune femme d’après l’amie courtisane de la victime. Une bonne semaine de filature et d’observation n’a rien donné de très intéressant. L’homme est discret et semble n’avoir pas grand-chose de répréhensible à part sa haine virulente des hautes castes.

Une réunion secrète ?
Toujours d’après Juxxi, elle devait se rendre à une réunion pour « changer les choses, améliorer les conditions des basses castes », mais ne s’y serait finalement pas rendue, inquiète, effrayée presque.

Tout ça est encore trop flou. Laissons Aang creuser dans son coin.

Cléo prend pied sur le pont, s’étire. La matinée est déjà bien avancée.
Neresh et Heïtiou s’avance alors vers elle, accompagnés d’un homme dépenaillé, en cape.

– Cap’, un potentiel contrat, annonce le Gladiateur.
– Hmm. Ok. Dans ma cabine.

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Nos héros se retrouvent dans la cabine du Capitaine (où Zinia a aménagé ses quartiers) pour recevoir l’homme qui se présente sous le nom de Sorja.
Capitaine passé pour mort d’un navire porté disparu depuis plus de deux mois. Echoué plus exactement, avec sa cargaison : de nombreuses caisses de Khav. Ce Lotus inférieur utilisé pour droguer les esclaves.

Il était employé par un noble de Teyerana nommé Nayt Al-Yad pour gérer le transport de son commerce dans les cités libres. Mais une tempête surprise venues des Chaînes kéroniennes a poussé son navire dans le bras de mer qui sépare le Royaume déchu du continent et lui a fourni l’opportunité de se libérer des contrats toujours plus dangereux et de moins en moins rentable du marchand de narcotique. Après s’être miraculeusement extrait des marais, seul, cela fait plusieurs jours qu’il erre grimé dans la ville en quête d’un équipage susceptible de l’aider à récupérer sa cargaison à l’insu de son ex-employeur et se partager les bénéfices.

Après quelques questions d’usage, approfondissement des détails, négociation du partage, un accord est trouvé. Bref résumé aux membres d’équipages. Quartier libre, on lève l’ancre dans deux jours à l’aube.

Aang continue son enquête au sujet des cadavres aux yeux calcinés, suspectant l’½uvre d’un démon. Neresh passe la nuit tranquillement à bord tandis que Zinia file enquêter sur le passé de leur nouveau guide. Sorja, quant à lui, se joint à une poignée de ses nouveaux collègues pour aller boire un coup et faire connaissance.

En revenant de son infructueuse investigation, le Moine tombe sur une bagarre sanglante dans une ruelle du port. Certains de ses camarades navigants sont aux prises avec une bande de gros bras qui, l’alcool aidant, les mène à mal. Il saute à leur secours et parvient à péniblement se débarrasser des agresseurs.

De retour au navire, les blessés sont pris en charge par l’infirmière Zinia. Cléo suggère aux embusqués de faire profil bas jusqu’au départ.

Sorja avoue qu’il s’est senti particulièrement visé lors de cette rixe …
Aurait-ce un lien avec sa courte visite au domicile conjugal la semaine passée … ?

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Le jour se lève, il est l’heure de lever la grande voile. Quelques jours de navigation paisible jusqu’à l’embouchure du Royaume de Kéron.

[J’ai zappé la poursuite maritime prévue dans le scénario d’origine du fait de la rapidité du trajet liée aux déplacements géographiques de l’action : Teyerana > Hillias, Nord Caldéia > Kéron]

Cléo prend place à la barre, Sorja à ses côtés pour la guider dans ce dangereux bras de mer jusqu’à l’épave de son navire, le Velaska, poussé par une énorme tempête jusqu’à une zone marécageuse.
Habitué de ce genre de canaux, le guide les fait jeter l’ancre dans une zone relativement sûre d’où ils pourront s’extirper aisément au retour. Il va falloir continuer en ramant.
Après concertation, ils décident d’utiliser trois barques et d’emmener Jorm et Terry avec eux, deux marins complices de l’équipage d’origine qui maîtrisent mieux l’épée que leurs collègues.

L’air est lourd, humide, tropical.
[Chaque embarcation pioche une carte de rencontre pour l’ensemble du trajet.]
La barque du Capitaine parviendra de justesse à éviter des rochers tranchants affleurant la surface de l’eau.
Les deux heures suivantes sont plutôt calmes bien que pesantes.
Puis deux bûches de bois tropical dérivent nonchalamment dans le marais. Dans leur direction. En les regardant bizarrement ! Quelques secondes avant l’inévitable impact, Neresh réalise la nature du danger et empoigne sa hache pour l’abattre sur l’obstacle.

- Alligators ! s’écritil.

Une des barques est percutée de plein fouet, manquant de voir plonger une partie de son équipage, la suivante dans laquelle se trouve le gladiateur voit une grande gueule s’ouvrir pour happer le guerrier mais n’attrapera que le plat-bord. Après quelques secondes de panique collective, les sauriens disparaissent, l’un par le fond, l’autre à l’abri, loin de cette proie qui se défend un peu trop.

Encore une bonne heure à souffrir de la lourdeur de l’atmosphère en se remettant de leurs émotions et nos héros atteignent enfin un rivage que Sorja reconnait. Ils mettent pied à terre, entreprennent d’encorder leurs barques aux arbres un peu plus loin mais sont interrompus par des cris de guerres et un ordre tonitruant :

- Je veux Sorja vivant ! Tuez le reste.

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Notre détachement a tout juste le temps de dégainer, et se mettre à couvert pour certains, que six soldats aussi imberbes que musclés courent à leur rencontre en hurlant, épées brandies ; alors que trois autres, toujours dans les barges, couvrent cette charge à l’arc.
La mêlée est assez frontale et brutale, Zinia et Heïtiou parviennent à rester en retrait et seule Cléo contourne les Eunuques au profit d’une vieille souche grosse comme un cheval de guerre.
L’ancien employeur de leur guide, Nayt Al-Yad, descend en dernier de la barge en murmurant quelques paroles incompréhensibles. De petites volutes violacées s’échappent du bout de ses doigts, remontent et s’enroulent le long de ses bras qui semblent soudainement bien mieux remplir les manches de son costume taillé sur mesure…

La Tentatrice prodigue des encouragements au Gladiateur, le Moine fonce dans le tas et le Lanceur de couteau reste à distance raisonnable pour son art. Cléo passe derrière les soldats et fonce droit sur leur Maître qui dans un éclair lance une botte de son épée longue qui surprend suffisamment l’Amazone pour l’arrêter dans son élan sans pour autant la blesser.

Une nouvelle passe d’arme est engagée au cours de laquelle Neresh étend l’un de ses adversaires au sol, Aang est pris dans un statu quo, Heïtiou dérange et leurs alliés tiennent les brutes en échec. Le Noble provoque notre Capitaine tout lui portant une blessure à la cuisse puis finit par s’arrêter net au milieu d’une raillerie, les yeux écarquillés devant le spectacle émergeant des fourrés… :

- Merde ! Il est éveillé !

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Cléo est méfiante, s’attendant à une ruse déjà en vigueur avant le Désastre. Mais l’arrêt des combats à l’orée de la jungle et son adversaire qui baisse son arme l’incitent à faire un pas en arrière tout en jetant un coup d’½il par-dessus son épaule.

Juste le temps pour elle de se préparer à la charge d’un nouvel ennemi : une trentaine d’autochtones en pagne, armée de lances, charge indistinctement et silencieusement les Eunuques et les Libres penseurs, dans leurs yeux brille une sombre lueur noirâtre…

Une alliance de fortune se met en place contre un ennemi commun et insensible à toute forme de peur. Les coups pleuvent, les Concoctions de Sommeil et les dagues dissimulées aussi. Heïtiou a choisi ce moment pour utiliser la boule de terre cuite trouvée dans le coffre d’Anaya lors de leur prise de la Fiancée : une explosion assourdissante a retenti dans la jungle, le Lotus ardent du Souffle Dragon envoie voler plusieurs sauvages tout azimuts.

Finalement, au terme de cette double confrontation, quatre eunuques restent sur le carreau, ainsi que Terry, salement empalé à un arbre par un javelot. Cléo et Aang conservent une Blessure chacun et les bras de Nayt Al-Yad reviennent à leur forme initiale.

Zinia donne la fin de son stock de Lotus blanc d’Apaisement à ses compagnons blessés alors que Jorm pleure son ami et qu’une âpre négociation prend cours entre les deux factions.

Le Caldéien leur explique qu’il avait employé Sorja pour un cargo spécial en plus du Khav habituel. Un ½uf de démon parfaitement conservé aux dires du marchand qu’il compte asservir et utiliser pour assouvir sa vengeance contre les Nobles qui l’ont banni et Caldéios. Aang tique à la mention d’un démon (à tuer, pas à asservir !), Heïtiou tique à la mention de la légende Tricanienne (un peu ambitieux de chercher des noises à un Sorcier pluri-centenaire non ?).
De toute évidence, l’½uf était effectivement bien conservé, et a même éclot à en croire l’état de ces pantins de chair.

Tout ce beau monde fait route commune, prudemment à la suite de Neresh qui remonte aisément la piste des sauvages, pour en finir avec ce démon.
D’une manière ou d’une autre…

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La troupe arrive en fin d’après-midi sur la crête d’un bosquet qui surplombe ce qui ressemble un lagon au sein duquel se trouve un navire éventré, échoué sur un récif. La tempête qui l’a mené ici devait être vraiment impressionnante.

Une passerelle de rondins relie l’épave à la plage sur laquelle se trouve un petit village de tentes et de yourtes où circulent une centaine de personnes dont la moitié seulement semble armée.

Ils passent plusieurs heures à observer ce petit monde. Calme, silencieux. Seuls résonnent les bruits de la nature et des outils des travailleurs qui bricolent dans le camp et dont s’affairent sur de grandes cages face à la passerelle.

À la tombée de la nuit, une procession arrive de la plage. Des hommes, par groupes de cinq ou six, portent de grands troncs sur leurs épaules, encadrés par des Soldats. À la lueur des quelques torches éparses, les observateurs reconnaissent les membres d’équipage restés sur les Navires ! Attachés, éreintés. Puis finalement jetés dans les cages.

Quelques minutes supplémentaires à tergiverser, discuter sur le meilleur angle d’approche, spéculer sur les réactions de ces villageois apathiques puis Aang perd patience.

- Bon. Faites comme vous voulez, moi j’y vais !

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D’un bond, le Moine héroïque fait fi de sa prudence légendaire et s’élance silencieusement dans la pente qui mène au hameau, se poste à l’abri dans la végétation et observe la centaine d’autochtones de plus près alors que ses collègues, hors de vue, se demandent ce qu’il fait.

Plus que des humains, ces sauvages ressemblent à des poupées de chair, émaciées. Sans doute ne se nourrissent-ils plus depuis plusieurs jours. Maintenant que les marins sont emprisonnés, les marionnettes déambulent sans but apparent. Aang tente une approche discrète vers la cage la plus proche et commence à attaquer, le plus silencieusement possible, les cordes qui constituent les liens de cette cage de fortune.

Au plus fort de la nuit, alors que le Moine s’apprête à ôter la deuxième poutre pour la poser délicatement à côté de la première, la foule semble prendre vie, elle s’anime, entonne un chant sourd et cérémonieux et s’amasse face à la passerelle.

Après quelques minutes de ce régime, la passerelle grince, trois poupées en arme ouvrent la marche, suivies d’une masse énorme, de la taille d’un vieil ours, semblable à un monstrueux tas de chaire gris-rosâtre monté sur un nombre de pattes griffues improbable et une quantité de bras tout aussi improbable que leur localisation. L’anatomie de ce démon n’est vraiment pas comme les autres.

Comment l’avait nommé Nayt Al-Yad déjà ? Un Yarakan ?

Le Lhobanais surmonte la peur occasionnée à toute personne saine d’esprit par cette créature d’un ancien temps et, ayant abandonné le sauvetage des prisonniers trop hagards pour avoir l’initiative de sortir, observe attentivement la scène.
Trois autres gardes ferment la marche.

Le démon arrive au bout de la passerelle. La foule s’écarte, traçant un chemin en direction de la cage la plus proche, Aang se tenant contre la plus éloignée. Deux soldats ouvrent la cellule de bois. Deux autres empoignent l’un des captifs. La porte reste ouverte, mais sous étroite surveillance.

Le détenu est alors trainé au pied du démon.

Le tas de chair s’ouvre alors au deux-tiers de sa hauteur, là où l’on aurait pu penser trouver un nombril, révélant deux longues rangées de crocs pointus et acérés. Le Yarakan ouvre sa grande gueule démoniaque pour laisser entrevoir à qui en a le courage un aperçu des ténèbres insondables qui semblent mener dans un autre plan.

En haut du bosquet, le reste du groupe commence à s’agiter.

Le prisonnier, un membre de l’équipage caldéien [carte piochée Rouge], hurle a plein poumon.

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Cléo bondit, dégaine et dévale la pente à moitié accroupie, Neresh, Terry et Sorja sur ses talons. Nayt Al-Yad et ses eunuques suivent, Heitiou et Zinia à proximité.

Le condamné hurle encore se prend la tête en main puis plonge dans la gueule béante du démon. Et disparait sans une trace.

Avant qu’Aang, abasourdi par ce spectacle, ne puisse réagir, un deuxième prisonnier caldéien est présenté au Yarakan.

Le détenu est happé dans les ténèbres, un autre prend sa place.

Le moine se ressaisit et se faufile dans la foule inerte, focalisée sur le repars de leur maître et mets les pieds dans l’eau, à une dizaine de mètres de sa cible. Il sent une chaleur intense qui commence à lui irradier la cuisse.

Le troisième captif, caldéien également, plonge en hurlant dans la gueule démoniaque.

Zinia tend une fiole à Heitiou. L’Amazone commence à fendre la foule, un projectile lui passe au-dessus de la tête pour atterrir au pied de la créature dans un nuage de volutes bleutées. Trois des gardes du monstre s’affaissent. Le gladiateur suit sa capitaine, hache aux mains. Les Caldéiens contournent la foule pour s’approcher par la plage.

Le Lhobanais prend la dague d’Hulian en main au moment où des flammes jaillissent de sa lame ! Il se concentre, darde la créature du regard et en brave chasseur de démons lui fait subir la Colère des Anciens. La bête pousse un grognement de mécontentement et de douleur. La livraison de friandises humaines s’interrompt. Cléo charge sans peur le démon, lui délivre un coup magistral qui est encaissé par un garde sacrifié. La foule semble prendre conscience des intrus. Neresh engage le combat avec un autre garde. Les Caldéiens s’approchent et Nayt Al-Yad déclame un sortilège à destination du Yarakan.

Un trait d’énergie spirituelle est à nouveau tiré par le Moine, mais il ne semble pas porter aussi bien que le premier. L’Amazone s’est approchée un peu plus et parvient à tailler dans le gras au prix d’un fragment de son âme, aspiré par la gueule du démon dans laquelle elle n’a pu s’empêcher de jeter un ½il. Le Cairnois tente de blesser la bête à distance raisonnable. Neresh abat le garde malgré le renfort de son collègue. Nayt Al-Yad continue de psalmodier en approchant du ponton, les Eunuques en bouclier. La foule commence à s’agiter.

Les gardes endormis se réveillent et se jettent sur Neresh et les esclaves. Aang échoue une deuxième fois à faire porter son attaque spirituelle. Cléo se voit parée par une des multiples pattes, le Gladiateur abat un garde, Heitiou un autre, Zinia lance son dernier Lotus azuré des Doux Rêves sur les Caldéiens, mais le Noble reste éveillé et termine sa litanie. La foule est énervée et une partie d’entre eux agressent les intrus, à coup de poings, de pierre, de coutelas [2d4 pour tous, comme un gros Essaim].

Nouvel échec du moine qui commence à douter, le couple guerrier laisse un morceau d’âme à leur adversaire, mais pas de blessure supplémentaire, grâce à un nouveau sacrifice spontané. Nayt Al-Yad semble avoir pris le contrôle du démon et, sans grande surprise, se retourne contre les Libres penseurs. L’agressivité de la foule monte d’un cran et se généraliser [2d6 pour tous].

Dans un dernier élan, alors que Nayt Al-Yad s’apprête à incanter un nouveau sortilège, Aang parvient à déchainer la Colère des Anciens ! Le Yarakan semble se replier sur lui-même, s’avaler lui-même, se rouler en boule dans sa propre bouche pour finalement exploser dans une gerbe de sang collant ! Les guerriers s’apprêtent alors à se retourner contre l’apprenti sorcier, seulement pour constater qu’il a également disparu, une mare de sang comme seule preuve de sa présence quelques instants plus tôt…

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Un silence assourdissant s'est abattu sur le lagon après l’explosion retentissante du démon.
Les marionnettes reprennent leurs activités catatoniques maintenant que plus personne ne tire les ficelles de leur âme
Les Eunuques, maintenant dépourvus de maître, semblent troublés, perdus. Que faire ? Suivre les ordres malgré sa disparition ? Et après quoi ? Ils sont nés esclaves, ont été façonnés et élevés pour ça, la notion de liberté et de libre arbitre leur est inconcevable.

Cléo interrompt leurs réflexions pour leur proposer de marcher ensemble, au moins jusqu’aux navires ; ce qu’ils acceptent sans sourciller, trop soulagés de recevoir des directives.

De son côté, Aang est retourné aux cages pour les ouvrir, un sourire satisfait aux lèvres. Neresh conduit quelques expériences rapides pour s’octroyer l’aide des autochtones, en vain. Zinia, talonnée par l’Amazone, s’est élancée dans le Velaska échoué qui servait de repère au monstre.

Le gîte de l’épave et la prise d’eau a largement détérioré la cargaison initiale. L’inventaire réalisé en compagnie de Sorja indique que seules huit caisses sont dans un état permettant leur transport, plus quelques bijoux pillés sur les différents cadavres, ce qui représente déjà un joli butin.

Neresh organise l’expédition retour, une grosse civière est improvisée avec les restes d’une barque pour transporter cinq caisses et portée par quatre des cinq Eunuques survivants, le dernier en prend une à lui seul ; les deux dernières caisses sont prises en charge par les membres d’équipage, par roulement. Le Gladiateur, en tête de cortège, préfère rebrousser chemin par la jungle plutôt que de tenter de longer le littoral inconnu.

Le pas est lent tant la fatigue est forte et le butin pesant. [Ce qui ne manque pas de générer une Rencontre aléatoire… ^^]
Au bout d’un moment de marche vaguement forcée, le Moine a un mauvais pressentiment. Les sens affutés, il a la nette impression que le cortège est plus maigre qu’à leur départ du lagon…

Autour d’eux, une ombre menaçante s’élance de branche en branche…

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L’Amazone s’est approchée un peu plus et parvient à tailler dans le gras au prix d’un fragment de son âme, aspiré par la gueule du démon dans laquelle elle n’a pu s’empêcher de jeter un ½il.

Maedh

Au final, quels séquelles ?

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  • Maedh
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XO de Vorcen

Deux Niveaux de Fatigue à long terme...
Un de plus et ça faisait une Marionnette bien relou joyeux

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[Je m’étais préparé une petite table à l’image de celle proposée pour le trajet aller, Aang a eu la bonne idée de piocher un Trèfle, ce qui n’est jamais une bonne idée. Un Roi de Trèfle …]

Cléo et Aang marchent aux côtés du convoi de caisses afin de guider les porteurs, les escorter et prendre le relai de temps en temps. Les marins commencent à peiner sérieusement sous la chaleur tropicale, et la Capitaine propose une halte avant de changer les rôles pour repartir. Ses sens aiguisés, elle perçoit un mouvement dans les feuillages, un craquement discret, et surtout : des membres d’équipage manquent à l’appel !

La halte se prolonge, alors qu’elle va investiguer avec Aang et deux eunuques. Ils font prudemment marche arrière jusqu’à découvrir le corps d’un des marins caldéiens, légèrement à l’écart de la piste, lacéré par un animal sauvage visiblement. Dès que le Moine se relève pour investiguer les alentours, un très mauvais pressentiment le submerge, il lève les yeux et le bâton juste à temps pour voir une ombre noire tout en griffes lui tomber dessus depuis une branche basse dans un feulement effrayant. Le Lhobanais est jeté à terre d'un puissant coup de griffe minimisé par une déviation réflexe au bâton.

L’Amazone se jette à son secours, mais un second félin lui bondit dans le dos et la bouscule en y laissant une belle marque. Les eunuques réagissent assez lentement mais viennent chacun supporter leurs nouveaux compagnons.

Coups de griffes, d’épée, de crocs, de bâton sont échangés sur fond de feulements intimidants. Ces adversaires sont vifs, mobiles et chanceux, difficile de faire mieux qu’une égratignure. Puis une des deux bêtes se soustrait du combat pour retrouver le couvert des fourrés, hors de vue des combattants, laissant son compagnon seul face à Aang et son garde. Cléo reste attentive, certaine que le fuyard ne peut être bien loin. Elle entend les cris de Neresh qui vient à leur prêter main forte, Zinia dans son sillage.

- Attention ! s’exclame l'Amazone.

Le Chat est sorti des Ombres pendant ces quelques secondes de distraction en bondissant à l'arrière du Moine, les griffes bien plantées dans son dos, les crocs profondément enfoncés dans l’épaule à quelques centimètres de la jugulaire, et l’accompagne au sol dans une roulade dont le Lhobanais ne se relèvera pas…

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La prudence du Moine ne l’a pas protégé de cette Attaque surprise. L’eunuque à ses côtés se rue sur le félin, mais Aang est inconscient et saigne abondamment, son compère le rejoint et tous les deux veillent sur le Lhobanais.
Neresh charge l’animal et s’engage dans une danse guerrière digne des plus grandes arènes jusqu’à ce que Zinia profite d’une blessure grave et d’une ouverture pour planter sa dague jusqu’à la garde entre les omoplates du Chat des Ombres puis va s’occuper de son camarade tombé.

Pendant ce temps, Cléo, lutte contre l’autre félin sauvage et la fatigue provoquée par le Yarakan, mais grâce au support du Gladiateur, finira par s’en sortir avec trois vilaines blessures, mais vivante.

Zinia parvient à stabiliser Aang, passé à un cheveu de devenir manchot, puis la petite expédition rejoint le convoi avec deux grands blessés supplémentaires, tous impatients de sortir de cette jungle au point d’y laisser leurs quatre compagnons disparus…

Deux trajets sont nécessaires pour transporter tout ce monde et le butin jusqu’aux navires via les marais. Cléo propose à Sorja de prendre la tête du Navire de son ancien employeur, mais celui-ci s’avère être échoué loin, bien trop loin dans le marais. Sans doute les marins n’ont-ils pas eu le temps de sécuriser l’ancrage à cause de l’empressement de feu leur Capitaine et de l’attaque des Sauvages… La marée a fait le reste.

Heïtiou fait le tour de la plage et de l’orée de la jungle en attendant le second convoi et trouve quelques doses de Lotus sauvage.

Dans le port marécageux, Cléo et Zinia, escortées de quelques marins qui récupèrent leurs affaires avant de rejoindre leur équipage, inspectent l’épave, y font le plein de munition, ajoutent quelques cartes du littoral caldéien à la collection et divers parchemins, une longue-vue, une catapulte légère que le charpentier mettra une demi-journée à récupérer et une concoction de Lotus rouge de Feu de phénix.

Retour vers Hillias, une grosse semaine de voile en vue…

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Le retour dans la cité libre se passe sans encombre.
Sous l’assistance lotuso-medicalisée de Zinia, les blessés finissent par récupérer. Cléo feuillette les différents livres et parchemins de Nayt Al-Yad pendant sa convalescence, laissant à Sorja le soin de gérer l’équipage dont les quinze nouveaux membres, dont cinq eunuques, s’adaptent plutôt bien. Même si ces derniers ne semblent pas savoir que faire de leur … liberté ?

Une fois à quai, Neresh, escorté de Sorja, va rendre visite à son receleur de prédilection pendant que la Capitaine s’occupe de l’administratif. Miniard inspecte un échantillon de la marchandise et lui propose huit milles lunes pour la cargaison. Pour plus de discrétion, l’échange s’étalera sur huit jours, à différents endroits du port.

Il proposera également jusqu’à sept milles lunes supplémentaire pour les eunuques, mais Cléo y est fermement opposée. De même que Zinia et Heïtiou.

Aang traine dans son coin, et reprend son investigation sur cette histoire de cadavre dont les yeux ont été brûlés, il discute avec certains gardes, traine l’oreille dans les tavernes... Jusqu’à entendre parler d’une marchande de sels exotiques qui a trouvé la mort dans les circonstances qui l’intéressent, dans le Parc des plaisirs interdits, plaque tournante et nocturne du marché de l’étrange et du pas très légal…

Zinia, entre deux emplettes de Lotus, assiste au discours enflammé d’un prêtre qui semble très remonté contre les notables de la ville. Neresh fait l’acquisition d’un casque très intimidant alors qu’Heïtiou se procure également un peu de Lotus raffiné…

Pendant ce temps, Cléo mène l’équipage en man½uvre au large, les fait s’entrainer à la Catapulte sur une plage déserte et d’une manière générale, travaille la cohésion de groupe, [et nos aventuriers apprennent également de ces man½uvres et gagnent un d4 en Navigation].

Un crieur de rue traverse le port en annonçant l’arrivée du festival que tout le monde attend impatiemment : Le grand Festival des Gladiateurs d’Hillias !

Aang continue son enquête, va parler à la fille de la marchande, qui a désormais repris la boutique, puis croise un mendiant pas comme les autres au détour d’une ruelle sombre. Celui-ci semble sacrément retourné, paniqué. Il est prostré dans un coin à gémir, visiblement effrayé. Quand le moine s’approche pour voir dans quelle mesure il peut lui venir en aide, il constate que ses mains sont ensanglantées, ses avant-bras écorchés et griffés jusqu’au coudes. La panique lui vient semble-t-il du fait qu’il n’a aucune idée d’où provient tout ce sang, ces écorchures. Il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé depuis la veille au soir. Aang tente de le raisonner, de l’aider à rassembler des bribes de souvenirs, mais alors que l’infortuné semble mettre le doigt sur une information d’importance, une lumière scintille dans ses yeux puis c’est l’embrasement !
Des flammes jaillissent des orbites du mendiant dans un hurlement de souffrance et d’agonie, sous le regard impuissant et incrédule du Lhobanais.

En quelques secondes, les cris s’éteignent et la ruelle résonne d’un silence assourdissant.

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Plus de suite ?

triste

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  • Maedh
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Boze

Ah oui si j'ai encore du rab en fait ! On peut dire que j'ai perdu le ryhtme ... joyeux

Je vais tenter d'y remédier !! ^^

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[Le temps file, je vais tenter de reprendre lentement le récit entamé … ^^]

Pendant ce temps, sur le navire. Neresh se prélasse au soleil et se remémore sa première expérience de la vie d’aventurier…

Un jeune homme athlétique, avide de richesses et d’action descend de son village au pied des Montagnes de Fer pour se rendre à Gilaska, en Kyros. La ville semble étrangement calme, déserte presque. Du moins jusqu’à fouler les trottoirs de la grande rue où tous les habitants semblent s’être rendu, en silence, en attente d’une procession solennelle à la tête de laquelle chevauche un homme noblement vêtu et au port altier.

Le jeune Neresh observe la scène quand il entend un mendiant, cul-de-jatte, à ses pieds qui maugréé avec une véhémence à peine contenue. A l’en croire, le jeune seigneur mène les obsèques de son père, le vieux Senekai, qui s’achèveront dans la pyramide que le défunt à fait ériger pour y être enterré avec ses richesses. L’infirme a visiblement une dent, une des rares qui lui restent en tout cas, contre l’ancien Seigneur : il a perdu ses deux jambes sur le chantier de la sépulture mais n’a reçu aucune compensation.

- Si j’avais mes jambes, j’irais récupérer mon dû moi-même ! Mais toi jeune homme… Tu as des jambes, tu sembles en forme…
- Et … ?
- Je vois ton ½il briller à la vue de la couche du vieux et des bijoux sur le point d’être ensevelis avec lui. Que diraistu de … d’être mes jambes pour la nuit ? Prendre notre part de ce trésor destiné à prendre la poussière et de s’enfuir riches ?
- Continue… déclare Neresh en s’agenouillant près de Balcor.
- Je connais une entrée secrète, continue l’estropié, qu’un de mes collègues maçons a contribué à installer. Bizarrement il est mort depuis… Bref. Conduis moi làbas, je t’explique comment pénétrer le sanctuaire à l’insu des gardes et nous repartirons riches à l’aube.
- Ce soir donc ?
- C’est préférable oui, dès lors que les gardes déserteront l’entrée, tous les pilleurs de tombe de la région vont vouloir tenter leur chance.

A l’ombre du porche sous lequel le duo conspire, derrière une fenêtre entre-ouverte, une silhouette élancée, la capuche rabattue sur les yeux, écoute avec la plus grande attention…

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  • Maedh