Asmadar, le continent épargné 5

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Il est temps de reprendre les choses par le bon bout.
Je viens de finir une aide de jeu pour le tome of Sorrow III que Smeagol coordonne sur AtS (le forum Midnight non-officiel outre atlantique). Cette aide de jeu concerne Asmadar, l'île située au sud d'Eredane. On n'avait pas beaucoup d'informations sur ces terres alors je me suis fait plaisir en me documentant sur certaines peuplades vivant dans le désert. Mis à la sauce Midnight, ça donne un truc de 12pages, que je posterais prochainement. J'envisage de faire un dossier avec la trad sur le Horsha, l'heritier du royaume d'Eren et plus si affinités.
Voilà le prologue pour mettre en bouche et donner un aperçu de la culture et du conflit à venir.
Tout commentaire est bon à prendre, si vous avez assez de courage pour lire tout le texte. Fichtre, je ne pensais pas qu'il était si gros.
Prologue:
L'homme et sa suite se faufilaient au milieu du camp nomade, menés par leur guide âgé seulement d'une dizaine d'années. Cela n'avait pas été facile de les trouver, mais heureusement, leur camp était bien trop grand pour pouvoir se cacher efficacement, même dans le désert. Ce camp, appartenant à la tribu Khrelrela et qui était une des trois plus influentes de l'île d'Asmadar, devait être composé d'au moins deux cents tentes, de diverses tailles mais dont la couleur unique rendait l'orientation difficile. L'étendue du camp signifiait une grande influence et il se félicita d'avoir fait le bon choix.
Le sable venait lécher les rabats des constructions de toile sans pouvoir toutefois y pénétrer. Destinées à stabiliser les constructions, des cordes étaient tirées en tout sens, donnant l'impression de s'enfoncer au sein d'une toile d'araignée. Le village semblait disposé en cercles concentriques et ne laissait disponibles que quelques passages étroits afin de permettre aux gens et aux chevaux de le traverser, sans déloger les piquets et autres artifices pour stabiliser les assemblages à l'apparence fragile.
Contrairement à ce à quoi il s'attendait, l'odeur de chèvre et de bétail nauséabond n'était pas si étouffante que ça. Contrairement au Camp des Marchands, la place était relativement bien entretenue et l'air circulait allégrement, emportant les mauvaises odeurs au loin. Bien sûr l'habitat de ces barbares n'avait aucune mesure avec ce qu'il avait l'habitude de côtoyer mais au moins, cela ne lui donnait pas envie de répandre son maigre repas à chaque enjambée.
Tandis qu'ils avançaient encore plus profondément, baissant la tête pour éviter des fils tendus horizontalement entre deux tentes, ils entrèrent dans une petite zone ouverte, où d'autres chevaux étaient déjà attachés. Malgré la beauté des chevaux présents, leur noble allure et leurs poils si brillants, l'homme eut un rictus de dégoût. Contents et amusés de voir un des animaux déféquer sous leurs yeux, des enfants s'apprêtaient à ramasser à mains nues les crotins tout frais. Chacun se targuait de vouloir le faire sans que quiconque ne le fasse vraiment. Une fois la besogne de l'animal finie, le plus âgé des enfants s'empressa de tout mettre dans un sac et se mit à courir, suivi de près par toute la bande. Esquivant d'un coup de hanche le fier porteur du sac, il ravala ses dernières pensées sur le niveau de civilisation de ces nomades.
Tandis qu'il attachait son cheval, un homme s'avança vers eux. Il congédia leur guide imberbe et les accueilla.
-   Bienvenue étrangers, mon nom est Abeil ben Salhem, ibn shaili ibn kaifa. Je suis le 3eme conseiller de notre chef Sahak. Nous espérons que vous avez fait un bon voyage. Le désert est mortel pour celui qui n'est pas prudent, mais … je vois que vos amis portent des outres pleines d'eau. Vous êtes des personnes prévoyantes.
Tentant de garder sa contenance, l'homme répliqua avec toute la politesse qu'il était encore capable de donner.
-   Merci à vous, seigneur Abeil. Mon nom est Massoud et je suis le chef de notre groupe. Nous venons en amis et demandons un toit pour quelques jours. Nous nous sommes fait attaqué par d'étranges créatures et quatre de nos amis ont été tués. Nous aimerions acheter de la nourriture et nous préparer pour retourner punir ces monstres. Quelques jours devraient suffire, nous ne voulons pas abuser de votres hospitalité.
-   La région est dangereuse, répliqua l'Asmadarien sans relever aucune des informations que l'étranger venait d'avancer. Je vais voir si notre chef peut vous recevoir. Restez ici un moment, je vous prie.
Laissant l'Asmadarien se diriger vers la tente, Massoud laissa naître sur son visage un sourire de satisfaction. Il regarda ses hommes, tous braves et fidèles. Il se conforta dans l'idée que ses plans se déroulaient à merveille. Bientôt, il rallierait à sa cause un deuxième clan asmadarien. L'histoire avait prouvé que l'on pouvait gagner des batailles sans même tirer l'épée et, encore une fois, cela était sur le point de se vérifier. Ces barbares du désert avaient besoin d'ordre et de stabilité, une structure leur permettant de devenir de véritables êtres civilisés, si une telle chose était possible. Alors, ils seraient à même de comprendre le but de tout ceci. Manipuler les esprits des personnes les plus influentes ne lui demanderait pas plus de quelques jours. La seule chose qu'il devait faire était de réussir à passer la cérémonie du thé. C'était le moment charnière de son plan, un moment à partir duquel les Asmadariens procuraient généralement trois jours de protection minimum. C'était tout ce qu'il avait besoin.
Le retour d'Abeil sortit Massoud de sa réflexion. L'Asmadarien avançait avec le sourire et les bras écartés. Un bon signe.
-   Notre chef va vous recevoir dans sa tente, affirma-t-il. Veuillez me suivre.
Massoud et sa suite suivirent leur guide à l'intérieur d'une grande tente de toile brun clair. Bien qu'il n'en montra aucun signe, Massoud fut étonné par la grandeur de l'abri, qui n'avait rien à envier à certaines salles de conseil de son pays. Une forte odeur d'encens et d'huiles essentielles chargeaient l'air et assaillaient les narines. Un peu d'exotisme se dit Massoud.
Il fit rapidement le tour des lieux d'un regard afin de prendre la mesure des personnes présentes. Six personnes étaient accroupies devant lui, à quelques mètres. Dix autres personnes, debout et séparées en deux groupes identiques en nombre, se partageaient les côtés. Ces dernières étaient toutes armées de sabres à lames courbes. Certains, avec des arbalètes de poing. Le port d'armes le fit grincer des dents. Dans le Royaume d'Eren, ces gens auraient été pendus sur l'instant pour un tel acte. Mais en Asmadar, les choses étaient un peu différentes. L'Ombre n'avait pas encore étendue sa main. Pas encore. Il tâcha de penser à autre chose.
La richesse et la finesse des meubles et des affaires diverses étaient aux antipodes de l'aspect extérieur, rustique, poussiéreux et quelconque. Le tapis devant lequel leur guide s'était arrêté pour se déchausser était d'une incroyable qualité et la pensée du prix qu'une telle chose pouvait atteindre sur le marché d'Alvedara lui fit presque tourner la tête.
Familiers des us et coutumes de la culture asmadarienne, Massoud se déchaussa également devant l'épais tapis et ordonna à ses pairs d'attendre au bord. Une fois nu pieds, il s'approcha du petit groupe assis qui formait un demi cercle, face à lui. A son tour, il s'assis pour refermer la boucle et salua plus platement une femme qu'il jugea être la grande maîtresse des lieux, guidé par la qualité de ses vêtements. Étrangement, cette dernière gardait ses yeux fermés, comme si elle était en grande réflexion.
-   Mes respects, ma dame. Mon nom est Massoud et comme je l'ai dit à la personne qui nous invité dans votre tente, je vous demande humblement de nous permettre, à moi et mes hommes, de bénéficier d'un abris et de nourriture pour quelques jours. Nous nous sommes fait attaquer par d'étranges monstres à la peau blanchâtre et nous voudrions nous reposer avant de retourner les chasser.
-   Ces histoires de monstres n'ont cessés de croître ces derniers temps, commença-t-elle. A croire que des démons se soient réveillés subitement, finit la femme sans ouvrir les yeux.
En son fort intérieur, Massoud fut content d'avoir bien ciblé la bonne personne. Cela augmentait sa confiance encore un peu plus. Alors qu'il allait répliquer, la maîtresse des lieux le devança.
-   Où avez-vous dit que vous vous étiez fait attaqué? Les montagnes sont relativement loin d'ici. 2 jours de cheval et vos outres sont encore bien remplis.
-   Nous ne connaissons pas assez bien la région pour vous donner le nom du lieu exact, mais si vous nous montrez une carte, je pourrais sûrement vous montrer l'endroit.
-   Dois-je comprendre que vous voyagez dans ces contrées sans carte ? C'est une entreprise dangereuse! Je suis sûre que la votre fera l'affaire.
-   Oui, bien sûr, nous avons une carte … bien entendu. Mais j'imaginais que la votre pouvait être bien plus précise que celle que nous avons acheté au Camp des Marchands.
-   Faites nous la voir, et nous verrons bien, conclu-t-elle d'un ton qui ne laissait plus beaucoup d'alternative.
Massoud se damna en son fort intérieur de devoir se plier à la volonté de la nomade. Rare étaient les individus qui pouvaient se targuer de pouvoir lui donner des ordres. Mais en cet instant, alors que la cérémonie du thé n'était pas encore arrivé, il se devait d'être prudent et de jouer le jeu de ses hôtes.
-   Bien sur, bien sur, finit-il par dire, je n'ai rien à cacher.
Il se retourna et ordonna à ses compagnons de lui lancer la carte qu'il n'avait évidement pas acheté au camp des marchands. Une fois dans ses mains, il la dirigea vers la maîtresse des lieux. Cette dernière ne bougea pas, les yeux toujours clos. Il se mit à penser que les choses devenaient de plus en plus singulières. L'un des hommes situé autour d'eux, le poids des années semblant peser lourdement sur ses épaules s'avança et déroula la carte devant tout le monde.
Il était évident que la carte avait été faite par un cartographe de talent, tant les détails étaient soignés et les enluminures éclatantes. Massoud tenta de cacher son embarras.
-   La personne qu'il nous l'a vendu nous a dit qu'elle avait appartenu à des personnes illustres, bien que nous n'ayant jamais su qui elles étaient vraiment, affirma-t-il avec une touche d'humour qu'il espérait être convaincante.
-   La carte ne comporte pas de signature, maîtresse. Mais certaines zones de la carte semblent avoir été découpées il y a longtemps. La carte ressemble beaucoup au travail du cartographe Ben Fayzia. Peut-être une de ses disciples.
Le seul signe démonstratif que la maîtresse des lieux se permit fut un froncement de sourcil.
-   Pouvez-vous nous montrer où les attaques ont eu lieu? Dit-elle en omettant tout signe distinctif de respect.
Massoud longea du bout des doigts le bord des montagnes, tentant de simuler une indécision. Avec plusieurs mois passé dans les montagnes, il connaissait maintenant mieux le secteur que les natifs de la région, trop effrayés par les légendes et les superstitions.
-   Ici, affirma-t-il d'un ton sec en pointant de l'index, un réponse plausible pour son mensonge. Nous nous sommes fait attaqués dans cette passe, où le passage se transforme en canyon sur une centaine de mètres.
-   C'est fort avancé dans les montagnes interdites répliqua derechef la maîtresse des lieux.
Massoud sentit qu'elle mourrait d'envie de lui poser la question de la raison de leur présence mais les règles d'hospitalité des Asmadariens ne leur permettaient pas l'indiscrétion.
Le vieil homme commença alors à parler dans une langue qu'il ne comprenait pas. Il aurait voulu lancer un sortilège afin de lui permettre de palier à ce problème, mais il savait que les Asmadariens voyaient d'un mauvais œil ce genre de pratique. Il se devait de rester subtil. Quelques phrases ne pouvaient pas faire de gros dommages dans son plan infaillible, de toute façon. Néanmoins, Massoud n'aimait pas la tournure que prenaient les événements. D'ordinaire, les Asmadariens étaient toujours très accueillants et ils n'avaient jamais autant été aussi suspicieux envers lui. Il tenta de réfléchir aux nouvelles options qui s'ouvraient à lui lorsqu'il vit des plateaux garnis être posé au milieu de la réunion. Le thé, songea-t-il. La cérémonie du thé est là. La vapeur sortait du récipient en ondulant. Les choses s'agençaient enfin dans son sens. Il aurait aimé savourer cet instant en humant l'odeur de thé chaud, fraîchement préparé, mais la saturation d'encens lui bloquait son sens olfactif.
Le liquide coula dans les tasses. Massoud trépignait d'excitation qu'on le serve. Lentement, le serveur en offrit une à chacun des membres présents. La dernière fut pour lui. Alors que les Asmadariens continuaient à parler dans leur dialecte de sauvages, il regarda avec délectation le serveur suivre la tradition en versant de multiples fois le thé dans sa tasse et le remettre dans la théière. Finalement, lorsque le serveur jugea que le thé fut prêt, il versa le liquide bienvenu dans la tasse. Massoud porta lentement le récipient à ses lèvres en signe de victoire, un rictus de félicité sur les lèvres. Dans quelques secondes, il aurait l'hospitalité de ce clan et aurait trois jours pour les asservir à grand renfort de sortilèges. Les personnes influentes du village seraient les premières à succomber à sa magie divine. Au bout de trois jours, tout le clan de Khrelrela supporterait la doctrine de l'Ombre sans qu'une goutte de sang ne soit versée. Le plan le plus efficace qu'il ait jamais mis au point.
Dopé par son succès, il avala en une gorgée le liquide … et failli s'étrangler. Ce n'était pas du thé, mais du vin. Un vin chaud. Le sang de Massoud ne fit qu'un tour. Cela faisait-il partie des us et coutumes? Tout ce qu'il avait pu lire dans la grande bibliothèque de Hautemuraille ou appris de la bouche des prisonniers qu'ils avaient fait lors de leur venue sur l'île, il y a deux arcs, ne lui suggéraient rien de tel. Il tenta de respirer normalement mais nota rapidement une brûlure dans son œsophage. Il commençait à transpirer abondamment, ses sens le trompaient. Évidemment, quelque chose n'allait pas. Soudain, la vérité s'imposa. Du poison, il venait d'être empoisonné. L'encens n'avait été là que pour tromper son odorat et l'empêcher de noter la présence du vin avant qu'il ne soit dans sa bouche. Il tenta de prononcer des mots de pouvoir mais une vive douleur à l'œil le stoppa. Sa vision se brouilla tandis qu'il se retournait, hagard, pour voir ses hommes. Ils reposaient au sol, inertes, plusieurs carreaux d'arbalète fichés dans leur corps. Il tâta son œil douloureux et compris très vite qu'un carreau y était également fiché. Il ne ressentait plus aucune douleur.
Le corps de Massoud s'écroula au sol.
Un vieil homme sortit de derrière un drap tendu et s'approcha du corps.
-   Qu'avons-nous fait, Maîtresse? Nous avons violé les traditions. Notre hôte réclamait asile et avait bu le thé de l'hospitalité. Nous n'aurions pas du agir de la sorte.
-   Calme-toi mon vieil ami, répliqua la Maîtresse des lieux, en se levant. Les traditions sont sauves. C'est du vin que ce serpent a bu, et non du thé.
-   Ah? Mais, comment cela se peut? Vous … vous saviez qui il était? Comment?
-   Ce serpent a déjà empoisonné l'esprit du chef du clan Tin-Hinan. Je l'attendais depuis plus de 5 jours.
-   Cela n'explique pas comment vous saviez que cet homme était …
-   Ma cécité m'empêche de voir les choses comme toi, tu les vois. Mais il semblerait que ma mère ne m'ait pas seulement légué des tentes et des meubles. Quelque chose se prépare mon ami. Quelque chose qui pourrait mettre fin à nos traditions définitivement.
Elle fit mine de dire quelque chose mais se ravisa. Les secondes s'égrenèrent mais personne ne voulait rompre le silence.
-   Je veux savoir d'où viennent réellement ces hommes, dit-elle.
-   Nous aurions pu les capturer, affirma un des guerriers, porteur d'une arbalète.
La maîtresse des lieux sourit.
-   Non, nous n'aurions pas pu. La surprise et le poison étaient nos seules chances de les vaincre. Ces hommes auraient pu tous nous tuer s'ils en avaient eu seulement l'opportunité. Nos devons rester sur nos gardes et en apprendre le plus sur eux.
Elle regarda le vieil homme d'un air amical. Ses paupières s'ouvrèrent, révélant des yeux gris, témoins de sa cécité.
- Prépare tes affaires mon ami, nous allons avoir besoin des conseils de l'esprit du désert.
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Ca tue! c'est super bien écrit. Pendant le service du thé je me suis cru chez ma grand mère ! (on boit du thé aussi et pas qu'a tea time). Nan sérieux on est bien dedans quant on lis ce prologue. Par contre à titre personel, même si Asmadar est une contrée qui offre pas mal d'opportunité je ne pense pas immédiatement faire jouer mes joueurs. Je vais rester là-haut dans la foret . Enfin c'est très bien j'ai kiffé !
Peace
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Ouais bah écoute prépare toi quand même parce que j'ai kiffé aussi!
Et que rien de tels que des alliés que l'ombre n'a pas asservi pour aider à lutter Smiley débrouille toi pour que je tombe pas sur l'info sinon je risque de préparer un long périple... Encore un.
Très bien écrit Dain, ça donne envie de connaître un peu plus sur le peuple en question!
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Ouais bah écoute prépare toi quand même parce que j'ai kiffé aussi!
Et que rien de tels que des alliés que l'ombre n'a pas asservi pour aider à lutter Smiley débrouille toi pour que je tombe pas sur l'info sinon je risque de préparer un long périple... Encore un.
Très bien écrit Dain, ça donne envie de connaître un peu plus sur le peuple en question! Cevi
Hey parle bien a Izrador tu veux...
Ben je developpe 5 tours on verra asmadar plus tard tu veux ^^
et sinon ton dossier elfique dain c'est toujours d'actualité Smiley
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et sinon ton dossier elfique dain c'est toujours d'actualité Smiley joker
bien sûr. Il n'est pas rangé au placard du tout. Juste que d'autres priorités sont venus s'intercaler. Je bosse dessus par à-coups, du fait que je voudrais finir une bonne fois pour tous les scénarios en cours de rédaction.