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CR Pibrac : Scénario - Frères ennemis 10

Forums > Jeux de rôle > JdR Black Book > Pavillon Noir

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Malgré un silence prolongé dû principalement à une certaine flemme estivale, j'ai pu faire jouer l'intégralité du scénario Frères ennemis. Nous poursuivons donc avec beaucoup de plaisir notre aventure pirate, même si le premier ne fut pas partagé par tous. J'y reviendrai en temps utile.
Donc le CR de ce scénario va prochainement paraître, alors qu'un autre scénario d'introduction, entièrement home made, est en cours d'écriture. Scénario ayant trait à la traite négrière qui sera joué par un deuxième groupe de joueurs à partir de septembre. Une fois ce dernier achevé, mes 2 groupes se rejoindront pour former l'équipage qui entamera la campagne du Hollandais Volant. Enfin si tout se passe bien. Smiley
Pibrac.
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vivement la suite !  Smiley
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C'est vrai qu'on attend ça avec Impatience (ma cousine canadienne, bien sûr !)...
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Ce scénario poursuit les aventures d'une partie des acteurs d' « Un point d'honneur ». Il leur permettra de gagner le large et de commencer leur première aventure maritime.
Présentation des protagonistes qui poursuivent leur tribulations:
Louis-François de la Verpillière
Voilà un gentillhomme dauphinois vif d'esprit épris de connaissances médicales et d'humanisme. Monté à Paris en quête de mécènat, il se voit, après avoir brillé la rapière à la main, contraint de fuir la Ville Lumière, une méchante et infâmante affaire aux basques. Outre sont honneur un peu écorné, il y a laissé aussi une oreille.
Julie de Maupin
Comédienne aux moeurs dissolues, duelliste chevronnée, elle s'est retrouvée malgré elle mêlée à l'incident diplomatique perpétré par quelques gentilhommes provinçiaux activement recherchés par les forces de l'ordre. Elle même en bute à de vieux démons ressurgis du passé, elle décide de mettre plusieurs milliers de milles entre elle et ses ennuis.
Alonzo Garcia
Spadassin ibérique et borgne qui se cache de puissants ennemis péninsulaires  dans la foule parisienne, il prêtait main forte à Mlle de Maupin dans ses démêlés divers, lorsqu'elle vint à croiser le chemin des gentilhommes provinçiaux. Jamais à court de ressources, il vit son destin se lier à ces derniers et le voilà prêt à mettre voile vers la nouvelle Espagne pour en éprouver les richesses.
Deux personnages supplémentaires vont les rejoindrent à Saint-Malo :
Guillaume-Marie de la Sylve de Saint-Lazarre
Gentillhomme trentenaire originaire de Savoie, jésuite aux inclinations sybarites et attiré par les gitons, il est revenu de mission des Indes Occidentales le coeur conquis par les rites et le moeurs Caraïbes. Ces déviances, révélées au grand jour, l'ont écarté de la Compagnie de Jésus, et il cherche maintenant à retourner sur les lieux de son illumination véritable. Comédien accompli, doublé d'un tireur consommé formé à l'école italienne, il n'a jamais jeté ses oripaux cultuels chrétiens qu'il utilise sans vergogne pour gagner la confiance des puissants. Il est en ce moment engagé comme aumônier auprès du Capitaine de la flûte « Le Saint-Michel », un bigot dont il soulage, et l'âme de ses innombrables tourments, et la cave à vin de ces précieuses bouteilles.
Quentin Mériadec dit « Sourde-Oreille »
Breton pure sucre, marin dont les veines charrient pour moitier de sel et moitié de tafia, il est chef de pièce sur le Saint-Michel. Consciencieux à l'extrême, il dirige son équipe d'une main de fer, aidé en cela par un physique de futaille. Il affiche une gueule grêlée de proudre noire, présente une sourdité partielle décelable à la tonitruance de sa voix et s'est adjoint les services d'un petit singe capucin, Korrigan, auquel il a appris toute une série de tours, dont celui, non des moindres, de bouter le feu aux canons. Le Maloin est également très serviable et un rien curieux, se qui l'amène parfois dans des situations scabreuses, car il a une ambition à peine voilée: se hisser au poste de maître-cannonier.
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C'est prometteur tout ça ! Smiley
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A peu près 2 mois s'écoulent entre le départ de Paris et le présent épisode à Saint-Malo. En fait, ce temps a été consacré à brouiller les pistes et à attendre une opportunité de départ pour les Indes Occidentales dans la ville malouine.
Le moment propice semble arrivé lorsque le quartier-maître du Saint-Michel, une flûte en partance pour les Antilles, accompagné de 2 matelots, le cambusier et un marin affublé d'un petit singe facétieux (Sourde-Oreille, le chef de pièce), c'est installé dans une taverne du port pour compléter son équipage.
Après un court conciliabule entre nos trois aventuriers, ils décident de se faire enrôler sur le Saint-Michel, alors qu'aucun d'entre-eux n'a de connaissances maritimes.
Curieux choix si l'on sait qu'ils ont suffisamment de pécule pour payer la traversée en cabine en tant que passager. C'est le cas pour de Maupin et Alonzo Garcia.
François -Louis ne rencontre pas trop de difficultés pour se faire engager comme aide-chirurgien. Avec un air mi-goguenard mi-soulagé, le quartier-maître Silas Paulin lui fait part de sa solde, puis le fait signer dans le registre d'équipage. Voyant la grande facilité du noble lyonnais dans les arts des lettres, il le réquisitionne de suite pour les travaux d'écritures.
Vient ensuite le tour de notre ibérique, qui postule pour un poste d'enseigne. Un rien dubitatif, l'officier le questionne sur ces connaissances nautiques, et n'obtient qu'une série de termes et d'ordres en espagnol, totalement incompréhensibles. Alonzo s'est fendu d'une recette de tortillas, avec rythme et allant, mais cela n'a pas suffit à convaincre le quartier-maître du Saint-Michel, qui le met de côté en attendant d'avoir vu tous les candidats au poste d'enseigne. D'ailleurs peu après se présente un fringuant jeune homme, prometteur en diable et qui montre toutes les qualités requises. Il est engagé sur le champ.
Aussitôt, le joueur du spadassin me fait savoir qu'il place l'usurpateur dans son collimateur dans le but avoué de lui faire rater l'embarquement.
Mlle de Maupin, habillée comme il se doit de vêtements masculins, se présente à son tour, et brigue le poste de vigie. Mieux préparée que son acolyte, elle avance le nom de plusieurs bateaux et capitaine glanés ici et là, voire même inventés. Sensible aux arguments de François-Louis qui soutient la candidature de l'actrice, mais également à la beauté de ce jeune marin, le quartier-maître l'enrôle sous le nom de Guillaume Lussac.
L'engagement est presque achevé lorsque surgissent 2 marins qui se précipitent à la table du quartier-maître. Quelques mots sont échangés à voix basse. Irrité, Silas Paulin donne immédiatement l'ordre de retrouver un certain Maugemeur, pilote du Saint-Michel. C'est Quentin, le chef de pièce qui est chargé des recherches, et il prend avec lui quelques nouvelles recrues, dont un certain Guillaume Lussac/Julie de Maupin.
Après des recherches rondement menées par Lussac/Maupin, la trace de Maugemeur est retrouvée. Il est enferré, suite à une bagarre et à une résistance bornée aux forces de l'ordre. Une amende de 25 pd8 lui permettrait de recouvrer la liberté. Paulin décide payer, car c'est un bon pilote et l'appareillage est pour demain, donc pas assez de temps pour en trouver un autre.
L'aumônier, Guillaume-Marie, qui était resté dans l'ombre jusqu'à présent, est envoyé au bateau chercher la somme, puis, accompagné des PJs restants, il se rend au poste de garde.
Maugemeur, à peine libéré, commence par raconter ses mésaventures, et, à force d'encouragements et de vibrantes suppliques, parvient à convaincre une poignée de marins (dont Quentin « Sourde-Oreille » et Guillaume Lussac) à lui prêter main-forte pour régler son différent avec le pilote Aigremont et sa bande. La petite troupe, gaillarde et remontée, s'en va écumer les bouges à la recherche de l'ennemi.
Les joueurs ont rapidement capté ce que cela impliquait comme devoirs, attachements, et aussi avantages, le fait d'appartenir à un équipage de navire. J'ai pas eu trop besoin d'insister.
Pendant ce temps, l'aumônier regagne le navire, en compagnie de François-Louis. Ce dernier est présenté au capitaine Jacques Bruyas, ainsi qu'au chirurgien de bord, surnommé « Deux-doigts ». Ou plutôt à l'ombre de celui-ci, car le Lyonnais se retrouve face à une véritable épave humaine, vautrée dans son vomi, droguée jusqu'aux oreilles. Très professionnel, il laisse de côté l'opiomane et s'occupe à dresser un inventaire des produits et outillages nécessaires à la bonne pratique de son métier durant la traversée à venir.
A peu près au même moment, l'enseigne nouvellement engagée, filée par une ombre armée de bien vilaines intentions, marche d'un bon pas sur les quais à destination du Saint-Michel pour prendre ses quartiers. Saisissant l'opportunité qui se présente à lui, Alonzo Garcia  jaillit de l'obscurité pour estourbir le malheureux. L'action n'est pas aussi décisive et silencieuse que l'aurait souhaité le spadassin, et des mouvements de lanternes convergent vers le lieu du drame. Sur un dernier coup de dague vicieux, et une poussée brutale qui fait choir son adversaire dans l'eau huileuse, Alonzo Garcia disparait in extremis entre les amas de caisses qui parsèment le môle sans être aperçu.
Quelques tavernes plus tard, notre groupe de marins vengeurs débusque le fameux Aigremont. La discussion entre ce dernier et Maugemeur tourne rapidement au vinaigre. Des insultes puis des coups sont échangés, une bagarre générale éclate rapidement. Lussac/Maupin joue plutôt la carte des dessous de tables salvateurs, alors que Quentin s'obstine à la jouer défensive peu étanche. Si le premier(re) s'en sort sans bobos, le second lui en prend plein la poire. A l'annonce de l'arrivée des forces de l'ordre, tout ce petit monde tente de s'échapper par les multiples issues, certaines assez étroites, de la taverne. Avec succès pour la plupart. Sur le chemin du retour au navire, Lussac/Maupin se met en quête de chats.
Toujours dans la soirée, le cadavre de l'enseigne du Saint-Michel est repêchée. L'aumônier se charge de lui donner les derniers sacrements et de pourvoir aux frais de son enterrement. L'affaire n'a pas de suite faute de témoins.
En fin de soirée, le capitaine Bruyas est convoqué par les autorités. Il revient furieux. Rassemblement immédiat de tout l'équipage. Il annonce aux marins rassemblés qu'il a dû débourser 70 pd8 d'amende et de frais pour les dégâts occasionnés par la bagarre générale dans la taverne. Le second appelle une poignée d'hommes, dont Maugemeur, Quentin et son matelot, qui reçoivent sur le champ 5 coups de fouet. Le pilote est de surcroit privé de solde pour ce voyage. Le capitaine confirme le départ le lendemain à l'aube.
Peu après, Lussac/Maupin regagne le navire avec un seul chat sous le bras. L'équipage est enfin complet.
Ayant suivit de loin le retour du Capitaine Bruyas, et au courant donc des déboires financiers de ce dernier, Alonzo Garcia se présente à la passerelle comme passager. L'entrée de 40 pd8 ne laisse pas indifférent le capitaine, qui accepte ce passage malgré son aspect plus que tardif. Heureusement pour l'Ibère, le quartier-maitre n'est plus de quart! Il s'installe donc dans sa cabine après avoir partagé un agréable souper avec le capitaine.
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Deuxième séance.
Absents :
Guillaume-Marie de la Sylve de Saint-Lazare.
Julie de Maupin/Guillaume Lussac
Episode assez narratif, très pédagogique, idéal comme introduction au monde marin. Une univers pas vraiment connu des joueurs(euse). J'ai pu casser un très grand nombre de clichés sur les voyages en mer de l'époque. L'insalubrité et l'exiguïté des navires, le temps, toujours trop chaud ou trop humide, la dureté du travail à bord, etc...
J'ai par contre laissé tomber (temporairment) les règles de gestion de groupe et de combat naval que l'on trouve dans « A feu et à sang », pour ne pas alourdir cette partie déjà pleine de découvertes

Départ de Saint-Malo, le 8 octobre 1705, avec la marée. Le Saint-Michel rejoint au large du Finistère, une petite flottille composée de 3 autres navires marchands (La Sereine, L'Albatros, Le Vertueux) et d'un navire de guerre d'escorte (Le Redoutable). La flottille longe les côtes françaises, espagnoles, puis africaines.
Une rumeur bien fondée circule sur le navire: Guillaume Lussac serait un piètre marin, doublé d'une mauvaise vigie. Pour étouffer l'affaire, le quartier-maître Paulin affecte le beau gosse au poste de tonnelier. Ce qui n'est pas sans faire plaisir au cambusier, à qui il est amateloté. Ce dernier prends sous son aile l'ex-vigie et plus personne ne profère de calomnies sur le Guillaume Lussac. Le véritable sexe de celui-ci n'est pas non plus découvert.
De son côté, François-Louis, s'occupe de maintenir en vie un chirurgien qui n'est jamais sorti de son coma. Quand à MM Garcia et la Sylve de Saint-Lazare, ils partagent avec délectation la table du capitaine Bruyas, fort bien servi en vin et en chair. Pour finir, Quentin « Sourde-Oreille » drille son équipe jusqu'à en faire la meilleure du navire.
Le passage du tropique du Cancer, un rituel à peine évoqué dans le scénario original, me semblait un bon divertissement pour rompre avec la monotonie du voyage. Je l'ai donc un peu travaillé, et voici ce que cela a donné.
Au large des côtes africaines, en milieu d'après midi, une grande activité règne sur le pont. L'exercice, mené par la maitre d'équipage, consiste à prélever de grandes quantités d'eau de mer que l'on stocke dans de larges fûts. Soudain, une voix de stentor retentit dans les airs. Un homme, accoutré de royaux atours un peu défraîchis, d'une perruque envahissante et mitée, et poudré d'abondance, harangue les matelots depuis le grand hunier. Il se présente comme le Bonhomme Tropique, suzerain incontesté de cette mer, qui veut savoir qui ose pénétrer en son domaine (s'est généralement le quartier-maitre qui se travestit ainsi). On court chercher le capitaine, qui apparait sur le pont. Il se voit sommer de décliner le nom du navire, le port d'attache et de destination, et le nom de celui qui le dirige. Le capitaine Bruyas se plie au protocole, sans montrer de réel entrain (il est pas très jouasse comme meneur d'hommes). Le roitelet perché signifie alors à l'assemblée qu'il va prélever un impôt sous forme sonnante ou écumante auprès de tous ceux n'ont jamais vogué sur son domaine. L'aumônier est mis à contribution lorsque tous les marins défilent devant lui pour jurer sur la bible qu'ils ont déjà franchi le tropique du Cancer une fois dans leur vie. Si ce n'est pas le cas, le matelot peut soit payer un écot (quelques sols versés dans une caisse commune), soit recevoir un plein seau d'eau de mer (voire plusieurs) prélevé dans les réserves récemment constituées. Ce baptême ne se produit qu'une seule fois par marin et par franchissement de la latitude. Les passagers ne sont pas exempts de cette pratique. La somme récoltée est ensuite utilisée pour payer un supplément de rhum à l'équipage qui va s'amuser dans une courte, mais joyeuse liesse sous le regard goguenard du Bonhomme Tropique!
Sur le Saint-Michel, heureusement pour nos Pjs marins d'eau douce, bien des matelots passent au baquet ou à la paie avant que ne vienne leur tour. Ce qui permet à Lussac/Maupin de ne pas recevoir une rincée qui aurait pu lever le voile sur quelques parties charnues de son anatomie. Il/elle paie prudemment son dû. François-Louis, que la perspective d'un bouillon de mer pris en plein visage n'enchante guère, règle l'impôt du souverain fantoche. C'est également le tour de Alonso Garcia, qui dans un premier temps, refuse de payer, et donc se fait bailler de pleins seaux d'eau de mer, sous les rires francs de l'équipage, puis dans un second temps, verse une large obole sous les vivats d'une foule conquise par ce geste désintéressé.
La traversée se poursuit ensuite, de manière assez monotone, ponctuée par quelques uns des événements proposés dans le scénario original:
- La tempête. Qui voit des Pjs fort chahutés et pour la plupart malades (sauf l'aumônier, Sourde-Oreille, et curieusement, l'aide-chirurgien, qui s'en sort plus qu'honorablement). 2 hommes tombent à la mer sans espoir de repêchage. Un canon, mal arrimé, sème la mort et la désolation dans l'entre-pont. Sourde-Oreille s'illustre, avec ses hommes, dans la capture du canon fou. Une fois le calme revenu, une voile mal ferlée a été emportée, et en tout 10 hommes sont mort ou disparus. Le capitaine, furieux, fait désigner par le quartier-maître une dizaine de marins, coupables comme innocents et leur fait donner à chacun 10 coups de fouet. Il ordonne que de l'eau de mer soit versée sur leurs plaies. François-Louis se retrouve avec pas mal de travail. Le chirurgien légumier a fini par casser sa pipe aussi, sans l'aide de personne. La nourriture a aussi été gâtée par de l'eau de mer ainsi que la réserve d'eau douce. Celle-ci est rationnée. Pour couronner le tout, la flottille s'est éparpillée au diable vau-vert et le Saint-Michel fait dorénavant voile en solitaire.
- Le calme plat. Dur pour les nerfs, des vols de nourriture sont signalés par le cambusier. Des présumés coupables sont mis au fers. L'ambiance à bord devient de plus en plus tendue. Elle aboutit au meurtre du maître-coq, poignardé dans sa cambuse. Le capitaine Bruyas veut coincer le ou les auteurs de ce forfait. Il demande au quartier-maître, au chirurgien néo-promu, et à Alonso Garcia (qu'il a à la bonne) de faire toute lumière sur cet acte abominable (dixit le capitaine). L'interrogatoire de l'aide du maître-coq ne donne rien dans un premier temps. Mais avec l'aumônier, appelé en renfort (il s'est fendu en cachette d'un sort Caraïbe pour déceler les mensonges), la langue du mousse se délie, et leur apprend que la victime n'est autre que l'auteur des vols répétés de nourriture, qu'il donnait à des marins en échange de transports contre-nature. L'interrogatoire poussé des babordais (en quartier libre au moment du meurtre) finit par porter ses fruits. Une brochette de 5 marins, convaincus d'avoir eu des mots avec la victime, passent entre les mains expertes du borgne espagnol, qui use de l'intimidation comme d'une arme de précision! Au final, un matelot avoue avoir assisté, comme 2 autres parmi les cinq, au meurtre du cuistot. C'est justement un autre des cinq le coupable. Les trois enquêteurs présentent le résultat de leur enquête au capitaine, qui, impitoyable, fait fouetter les témoins du meurtre et pendre le meurtrier. A partir de ce moment, Alonso Garcia ne porte plus le capitaine dans son cœur.
Avec le retour du vent, le voyage se poursuit et les milles sont avalés plus rapidement. Une bagarre éclate entre des matelots qui jouaient à des jeux de hasard. Ils sont pris sur le fait puis fouetté à mort (25 coups de fouets). Le capitaine continue de faire monter la grogne à son encontre.
Après 5 semaine de voyage, alors qu'un nouveau grain s'annonce à l'horizon, la vigie repère une voile qui s'approche du Saint-Michel. C'est une frégate battant pavillon anglais, et c'est tout sabords ouverts qu'il fond littéralement sur le navire des Pjs.
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Je vais avoir de la lecture moi... Smiley
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Troisième séance.
Absent :
Guillaume-Marie de la Sylve de Saint-Lazare.
La mer se creuse de plus en plus alors que le navire anglais approche à toute vitesse. A portée adéquate, et sans coup de semonce, le corsaire délivre une bordée de mitraille qui ravage le pont et l'entre-pont du Saint-Michel. Bilan: 4 hommes d'équipage morts, et pas mal de blessés. François-Louis a un aperçu de l'éprouvant travail d'un chirurgien en campagne.
Le capitaine Bruyas se ressaisit et les canons de la flûte sont chargés promptement. Sourde-Oreille décide de tenter un tir de génie. La bordée frappe l'ennemi, dont au moins 1 tir se loge sous la ligne de flottaison, ce qui oblige l'Anglais à  manœuvrer pour colmater sa brèche. Le Saint-Michel en profite pour s'éloigner. Le chef de pièce Maloin est ovationné par les membres de l'équipage pour sa belle réussite.
Survient alors une seconde voile, celle d'un sloop en piteux état. Elle semble surchargée d'hommes. L'équipage gesticule sur le pont tout en manœuvrant pour se rapprocher.  A portée de voix, ils demandent assistance: de l'eau et de la voile. Mais le capitaine Bruyas ordonne de garder le cap ainsi que le silence. Devant ce refus à peine masqué, le sloop hisse le pavillon noir. En réponse, il essuie une bordée de mitraille qui fait un carnage parmi l'équipage pirate. Une clameur de désespoir s'élève sur la flûte lorsque les forbans hissent le funeste pavillon rouge: Pas de quartier.
Le Saint-Michel profite d'un toilage plus conséquent pour distancer ce nouvel ennemi. Et s'enfonce plus avant dans la tempête. Au milieu des éléments déchaînés, la vigie annonce: Terre en vue, puis dans un cri d'alerte empli d'effroi: Récifs droit devant! C'est la panique à bord et dans un craquement effroyable, le navire s'échoue brutalement. L'eau s'engouffre à plein flots par une large brèche de la coque, un mât s'effondre et fauche une partie des hommes encore présents sur le pont dévasté. Dans l'entre-pont, François-Louis, imitant le maitre-charpentier, s'empare d'un maximum d'affaires et tente de remonter sur le pont. Il est rejoint par Alonzo Garcia alors que l'eau empêche tout espoir d'atteindre facilement les cabines de passagers. Un groupe se forme sous le commandement de Sourde-Oreille. Après maints déboires, il arrive à mettre à l'eau la chaloupe et à regagner la plage située à quelques encablures de là. Sous les frondaisons d'une forêt balayée par les vents et  la pluie, les rescapés s'effondrent, happés par la fatigue.
Le lendemain matin la tempête a cessé, mais c'est un ciel de plomb qui accueille les naufragés. Ils sont en tout 25, dont les pjs, le maitre-charpentier (surnommée la Flûte) et son aide, le pilote Mangemeur, le second Desquennes. Ce dernier et l'aumônier sont pour le moment tout deux inconscients. La plage est jonchée de débris et de cadavres. Comme peuvent le constater maintenant les survivants, l'île est volcanique, recouverte en grande partie de végétation dense, et entourée de récifs qui brisent la houle du large. Accroché à ceux-ci, en face d'eux, gît sur le flanc le Saint-Michel, dont la carcasse éventrée ballote au gré des vagues. D'après le maitre-charpentier, les vestiges du navire risquent d'être emporté rapidement. On se sépare donc en trois groupes: le premier, mené par Sourde-Oreille, la Flûte et le chirurgien, se charge de ramener un maximum de matériel de l'épave, le deuxième, dont font partie Guillaume Lussac et Alonzo Garcia, a pour tâche de trouver de l'eau et de la nourriture, et le troisième se charge de rassembler les cadavres et de récupérer le matériel utile échoué.
Le premier groupe fini par ramener quelques fusils, de la poudre pas trop humide, des bouteilles de rhume et des flacons de cognacs, du matériel de soins, un peu de nourriture pas trop gâtée, et une faible portion de la cargaison.
Le deuxième groupe découvre une population de tortues marines, une mangrove, et la présence de serpents venimeux, dont l'un des matelots en fait les frais. Suite à cet incident qui les oblige à rentrer bredouille (en ce qui concerne l'eau), Alonzo repart avec 2 matelots explorer les crêtes dénudées de l'île. Il repère à l'approche du cône du volcan une fumée dont l'origine se situe au delà.  Alors qu'ils s'approchent, des coups de feu retentissent au loin. Ceux-ci sont également entendu par le groupe (constitué entre autre de Guillaume Lussac et de François-Louis) retourné à la mangrove pour en trouver la source. L'exploration tourne court car la végétation est trop dense pour la chaloupe. A l'audition de nouveau coups de feu, ils décident de contourner la mangrove et d'accoster sur une plage. Pendant ce temps, Alonzo et ses 2 matelots ont contourné le volcan. La belvédère naturel leur offre une vue imprenable sur l'autre partie de l'île. Ils découvrent ainsi, échoués sur une large plage, une trentaine de pirogues. Alors qu'ils s'approchent pour mieux discerner ce qui s'y passe, ils tombent nez-à-nez avec une poignée de sauvages qui leur décochent immédiatement des flèches. La riposte est plutôt... minable. Bien que les indiens soient tués ou mis en fuite, seul Alonzo survit à l'échauffourée, une vilaine blessure à l'épaule.
Le groupe à la chaloupe ont finit de tirer l'embarcation sur la plage et montent à l'assaut des pentes boisées en direction des coups de feu. Ils entendent des bruits de course éperdue qui s'approchent rapidement. Préparés en comité d'accueil, il voient surgir une dizaine de marins bigarrés, hors d'haleine, qui leur enjoignent de déguerpir sans même interrompre leur fuite. Stupéfaits, les survivants du Saint-Michel, finissent par emboiter le pas aux fuyards, la menace d'indiens véloces à leurs trousses. Arrivés sur la plage, les 2 groupes s'entraident pour remettre la chaloupe à flots sous une pluie de flèches qui décime leur rangs. Quelques pertes et coups de rames plus tard, tout ce petit monde se retrouve au campement de fortune des marins du Saint-Michel. Un autre groupe arrive presque en même temps par voie de terre, il est aussi composé de personnages hauts en couleur, et d'un Alonzo Garcia, blessé mais heureux d'avoir trouvé de l'aide.
L'origine des nouveaux venus ne fait aucun doute. Alors que François-Louis soigne les blessés de tous bords, les deux groupes discutent en aparté, l'œil suspicieux et la mine renfrognée.
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C'est toujours aussi sympa à lire...