[compte rendu] This War of Mine 5

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C’était il y a un an... Nous étions heureux, on chantait, on hurlait à tue-tête et un mot revenait sans cesse dans nos bouches, « liberté ». C’était il y a un an et aujourd’hui ce mot n’est plus qu’un lointain souvenir...

Et pourtant... les premiers jours furent intenses, la ville bouillonnait d’idées nouvelles, les icônes de l’ancien régime étaient mises à bas dans la joie et l’allégresse. Notre révolte n’était pas isolée, partout dans le pays des événements similaires se produisaient, nous étions alors sûrs que nos rêves d’indépendance étaient devenus réalité. Sauf que... sauf que l’armée se rangea du côté de ceux que nous avions chassé. Oh bien sur, quelques uns désertèrent, grossissant les rangs de ceux qui étaient prêts à mourir pour défendre notre idéal de liberté. Mais ils restaient plus forts, mieux armés, et animés par une haine et une détermination sans failles. Nos représentants tentèrent bien de faire valoir nos intérêts auprès de la communauté internationale. En vain... la politique n’a que faire des gens qui souffrent.

Nous souffrons le martyr. Notre ville a été encerclée, voies de communication coupées, nous étions assiégés. La vengeance préparée par nos anciens oppresseurs était terrible. Ils nous enfermèrent dans cette ville qui devint une prison à ciel ouvert, une prison dans laquelle nous mourrons à petit feu, abandonnés de tous, écrasés sous les bombes d’incessants bombardements. La mort elle-même rôde dans les rues, la balle du sniper peut nous faucher à chaque instant lorsque nous sortons de notre abri pour aller chercher de quoi manger.

Je m’appelle Zlata. J’étais étudiante . Aujourd’hui je ne suis plus qu’une survivante...

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Je savais pas que le jeu vidéo avait été adapté en jdp ^^

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Si, et il est super (dur) !

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Le scoop... le graal de tout journaliste... c'est à celui qui trouvera l'actualité la plus croustillante et sensationnelle, histoire de vendre du papier. J'ai commencé ce métier car je souhaitais informer les gens, révéler les injustices de ce monde, lever le voile sur ce qu'on essaie de nous cacher. Mais la triste réalité m'a vite rattrapé. Il faut des sujets "bankable" si tu veux t'en sortir, au risque de laisser de côté tes certitudes et de trahir tes valeurs.

Pour le coup, le scoop il nous est tombé dessus. Littérallement. Le siège du journal s'est écroulé, au troisième jour de bombardement, ensevelissant sous les décombres ceux qui étaient présents à ce moment là, ceux qui faisaient tout simplement leur métier au mépris du danger. Mes confrères, mes amis...

La guerre fait vendre, au début. On veut savoir, qui affronte qui, pourquoi, l'ampleur des destructions, le nombre de morts. Dès le déclenchement des hostilités, on a vu débarquer les journalistes de tout bord qui venaient couvrir l'événement, certains au mépris du danger et de leur sécurité, d'autres parqués dans des hôtels opportunément épargnés par les bombes. Ma ville était alors au centre du monde, alimentant les "breaking news" quotidiennes. Mais l'homme se lasse vite, et rapidement les regards se sont détournés. Le monde s'est de nouveau plus intéressé aux déboires conjuguaux des stars ou aux résultat sportifs. A quoi bon en effet se soucier de nous, de pauvres hères prisonniers d'une ville assiégée, victimes innocentes d'une guerre civile qui ne faisait que commencer. Un an a passé, et plus personne ne s'intéresse à nous...

Je m'appelle Katia. J'étais journaliste...

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Cher journal,

J'ai bien cru t'avoir abandonné au sortit de l'adolescence, rangé au fond d'un carton, souvenirs d'enfance petit à petit oubliés. J'aurai préféré mille fois que tu restes au fond de ce carton. Car cela aurait signifié que la guerre ne nous a pas frappé...

J'ai l'impression parfois que tu es la seule chose qui m'empêche encore de mourir. Feuilles de papier que je remplis frénétiquement d'une écriture que je sais de moins en moins lisible. Tu es mon compagnon d'infortune, j'inscris sur tes pages mon desespoir, mes peines, mes souffrances, comme si cela pouvait les exorciser.

Parfois je ferme les yeux en te serrant fort contre moi, et je rêve, je rêve qu'à mon reveil tu ne sois plus là, que les histoires sordides que renferment tes pages ne soient qu'une chimère, que cette guerre qui dure depuis près d'un an n'ait jamais eu lieu. Je rêve à ce qui aurait dû être, je rêve de l'avenir doré qui s'annonçait pour une brillante jeune avocate, je rêve des enfants que j'ai toujours voulu avoir. Mais tu es là à mon réveil, toujours, me rappelant avec précision tous les événements que j'ai du surmonter, me rappelant la mort, la faim, la soif, l'envie de mettre fin à tout çà. Alors j'écris, je décris ce que je vois, ce que je ressens, le bruit des coups de feu dans le lointain, la vie misérable des ombres qui m'accompagne dans cette épreuve. J'écris pour ne pas lâcher prise. J'écris la guerre...

Je m'appelle Emilia...