Le Mur de l'échelle du savoir [CONCOURS pour la PP LAELITH] 73

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Laelith s'est toujours nourrie des histoires vécus et autres créations plus ou moins folles des lecteurs. Afin de perpétuer cette tradition et de vous inciter à vous impliquer dans la vie de la cité, nous vous proposons un petit concours d'anecdotes, souvenirs et histoires vécus pendant toute la durée de la précommande participative !

Le principe :

  1. Postez votre anecdote ou souvenir sur le ce fil du forum (le Mur de l'échelle du savoir, un mur qui existe réellement dans Laelith et sur lequel écrivent les habitants !).
    ATTENTION : les messages hors-sujet seront supprimées pour faciliter la lecture de tous les posts (pour réagir et donner votre sentiment sur les messages, parlez-en dans un autre fil !).
  2. Les lecteurs du forum entrent en scène. Après avoir lu les messages, chaque internaute peut "liker" (pouce vers le haut) ou "disliker" (pouce vers le bas) chaque proposition.
  3. A la fin de la précommande participative, les 3 propositions les plus appréciées (en cas d'égalité, les "dislike" entre en jeu et en cas de nouvelle égalité, c'est l'équipe de BBE qui tranchera) bénéficieront d'un abonnement d'un an à Casus Belli (ou d'une extension d'abonnement s'ils sont déjà abonnés).

D'avance merci à tous ceux qui participeront. A ce stade, nous limitons le concours au gain de 3 abonnements, mais en fonction de l'engouement ou des propositions, nous étudirons la possibilité d'en publier un certain nombre (avec l'accord des auteurs) dans des ouvrages de la gamme Laelith !

Ce message a reçu 1 réponse de
  • Clef
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J'ai fais preuve de bonté envers lui, il n'est pas mort. La bonté a souvent plus d'influence sur l'esprit humain que la cruauté et la violence. Il a plus trahi par faiblesse que par volonté de trahir. Puisse l'avenir me donner raison dans la recherche de cette équilibre entre le bien et le mal.

Aralas d'ondevive, Prince errant.

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Quelque part, je ne dis pas où. Il y a une porte. Une porte par laquelle je l'ai vu passer.

Il n'était ni roi, ni dieu.

Il était un gardien. Un gardien des portes. Il m'a souri... J'étais effrayé, nouveau dans cette cité. Il m'a expliqué qu'il était là pour empêcher certaines frontières de s'ouvrir, qu'il travaillait même sous les ordres de la Déesse des rêves, de la Lune, de la fécondité et des chats, de la gardienne du livre du temps et de l'Espace.

Il était heureux de voir qu'ici, dans cet endroit, dans la reine des reines des cités, des bénis de la Déesse résidaient. Il m'a caressé le visage. Il m'a demandé s'il pouvait mettre dans sa bourse une touffe de mes poils. J'étais le premier félis qu'il voyait en vrai.

Il m'a dit quand le Roi-Dieu ne sera plus, rends-toi à nouveau à cette porte. Frappe trois fois et pousse un « la ». Pousse trois « la » et frappe une fois. Et peut-être pourras-tu, toi aussi, devenir un gardien... Voyager entre les portes...

Il m'a dit : quand le temps sera venu, la cité aura besoin de nouveaux gardiens, de surveiller des failles déchirées. On ne sait jamais vraiment où la porte nous amène. On sait juste que l'on ne tombe jamais au hasard. Il y a toujours quelque chose à faire.

Il m'a dit tout ça.

Son arme, faite d'un métal que je ne connaissais pas. Sa grâce, plus féline que la mienne. La détermination dans son regard. Une déesse des chats ? Quelque part ? Derrière une porte ?

Je ne suis qu'un pauvre roublard qui a trouvé son chemin dans une petite guilde dont je te tais le nom, tu permets. Et je ne fais que dérober quelques riches. Est-ce que j'ai l'étoffe d'un gardien ?

Il m'a dit : quand le Roi-Dieu ne sera plus.

Le Roi-Dieu n'est plus.

J'ai un peu peur. Faudrait-il que je retourne à cette porte ? Voudrais-tu venir avec moi ? J'ai peur de ne pas savoir pousser le « la ».

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Damien C
Laelith est ineffable,
La décrire serait une fable… !
Alex Andrin, Poète et conteur.
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« Ne te retourne pas. »

Il a posé sa main sur mon épaule. Non. Pas il. Elle. Non. Ah, je ne sais pas.

« Ne te retourne pas. » a dit la voix.

« Je vais te donner quelque chose. Quelque chose que tu as toujours voulu. Je vais te donner une vision. Je vais te révéler un visage, celui de ton âme s½ur. » a continué la voix.

La main sur mon épaule s'est serrée. Et j'ai vu la vérité. J'ai vu le visage derrière le masque d'or.

Mon âme s½ur. Une larme a glissé sur ma joue. Juste une. Mais elle contenait un océan. Celui de tous mes désirs et de toutes mes passions.

« Un jour, trouve-moi... une fois que les failles seront fermées. Un jour, trouve-moi et aime-moi...»

La main s'est relâchée.

« Ne te retourne pas. »

Je ne me suis pas retourné.

Je suis resté là... un long moment. Puis il y a mon pote le félis qui est arrivé. Toujours ce petit air et cette petite peur dans le regard.

C'est devenu si évident. J'ai su qu'il avait lui aussi un secret et qu'un jour, peut-être, on les partagerait...

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Ce sont les derniers souvenirs de ma vie d’avant.

Je me rendais au temple du crâne, comme tous les soirs -enfin me semble-t-il- , il y avait ce jeune garçon qui pleurait, accroupi sur le coté de la rue. Je me suis approché, il a tourné la tête vers moi, il avait les yeux verrons, emplis de larmes. « Mon chat, il s’est enfuit. » me dit-il en désignant le soupirail de cette boutique abandonnée.

J’étais un peu en avance et de bonne humeur ce soir là et décidai donc de lui donner un coup de main. Étonnamment, la porte de la boutique n’était pas fermée. Je suis entré, une épaisse couche de poussière recouvrait le sol et le mobilier. Personne n’avait mis les pieds ici depuis des années.

Cette boutique était étrange, de nombreux alambics se trouvaient sur les tables, des bocaux de toutes tailles remplissaient les étagères. C’est le contenu de ces bocaux qui me mis le plus mal à l’aise, plusieurs contenaient des organes, des entrailles plongées dans le formol. Je détournai le regard et me dirigeai vers ce qui semblait être l’escalier de la cave.

Par chance une lanterne était à ma disposition accrochée à l’entrée, je m’en saisi, l’allumai et commençai à descendre cet escalier particulièrement sombre. Il faut dire que cette lanterne n’éclairait pas grand chose… et je dirais même que son intensité baissait au fur et à mesure que je descendais.

Je me souviens avoir hésité un moment… cet escalier avait quelque chose d’étrange, je ne saurais dire quoi exactement, mais après quelques temps je fus surpris de constater que les marches n’étaient pas en bois comme il m’avait semblé au début, mais en pierre taillée dans la roche… et ce n’est que bien plus tard que je pris conscience que je ne ferais jamais demi tour.

Combien de temps a duré la descente ? Je n’en sais rien… et ça n’a plus beaucoup d’importance aujourd’hui. Ce dont je me souviens, c’est de ma rencontre avec Lui. Il était fascinant, majestueux, tentaculaire… la noirceur des ses pensées m’a ouvert les yeux sur la réalité de notre monde.

Aujourd’hui et pour les siècles à venir, je Le sers, jour et nuit, mon corps -couvert d’écailles- et mon âme lui appartiennent.

Il m’arrive de remonter à la surface sous la forme d’un jeune garçon pleurnichard ayant perdu son chat…

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Ce soir, remontez l'échelles des pierres. Au rez de chaussée de l'immeuble juste en face des derniers escaliers, poussez la double porte ornée d'une gerbe de roseaux. Le bruit va vous étonner ! Les bardes nains barbus Billy, Dusty et Franky y jouent une musique particulièrement orageuse grace à leurs instruments exotiques (des "guibeçonnes") reliés par une corde sombre et souple à des cubes noirs magiques que le trio nomme "baadémarchal !".

Laissez vous emportez par ces mélodies venues d'ailleurs !

Une récompense est offerte par les musiciens à toute personne capable de leur indiquer la route qui les ramènerait dans leur royaume natal: "Zetec Sasse".

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Le mange-visage

Le premier était sur une haute terrasse, le second était à l'extérieur de la ville, le troisième, ce fut dans le sauna d'un des plus gros lupanars de la ville.

Tous furent retrouvés par moi. Tous. Tu entends. Je te serre contre moi. Il n'y a qu'à toi que je puisse parler.

Je sens le goût âcre et amer de la bile remonter en moi. Je revois le symbole de la Terre sur le cadavre sans visage de ce qui devait être un demi-ork. Un symbole gravé sur sa poitrine et sur son front, à même l'os puisqu'il n'avait plus de chair du front au menton, comme si quelqu'un avait découpé son visage pour en faire un masque. Les trois nuits précédentes, j'avais rêvé que j'étais enterré vivant, que je suffoquais. Tu penses bien que j'en ai pas parlé aux autorités. Un voleur, comme moi, homme-chat de surcroît. Ce n'est pas parce que ce sont des Lions ailés qui annoncent le Roi-Dieu que ça donne un quelconque passe-droit à un type comme moi. Il n'y avait plus rien de... d'utile sur le corps de la victime. Un guerrier, sans doute, aux cicatrices et à la musculature. Je ne sais pas pourquoi je l'ai traîné. Je l'ai posé dans l'encadrement d'une porte, pour que les gens ne paniquent pas le matin, dans la rue passante. J'ai ce truc avec les portes, je t'ai dit. Il n'y était plus le soir et personne dans les gardes ou les autorités n'a semblé enquêter.

Le second, non la seconde devait être une elfe, ou une demi-elfe, comme mon compagnon Zaïgar. Il faudra que je te parle une fois de Zaïgar. Il est rigolo, il est persuadé qu'il a une connexion avec le Roi-Dieu ou un être qui cache son visage derrière un masque d'or. Mais je m'égare. La seconde, était là, sur la route menant à la cité, à une lieue à peine, allongée sur le dos, comme la première victime, avec le symbole de l'air sur sa poitrine et son front sans visage. Comme pour le demi-orc, j'avais rêvé les nuits précédentes que j'étais dans un tourbillon, emporté par les airs et que j'étouffais tellement l'air soufflait vite et qu'il était impossible à mes poumons de se remplir.

Comme pour le demi-orc, j'ai mis la pauvre victime de côté, dans un bas fossé... Comme c'était la deuxième fois que je faisais un truc comme ça, j'ai réalisé que ça tenait d'un besoin impérieux, mais dont je n'étais pas certain qu'il naisse de ma volonté propre. Et si les portes dont je t'ai déjà parlé m'appelaient ? Hein ? Si c'était mes premières épreuves avant d'être un gardien des portes.

Ou alors... Si j'étais possédé, que c'est moi qui dégommais ces victimes la nuit et que je revenais, sorti d'une transe, le matin, pour effacer mes forfaits ?

En tout cas, il n'y avait rien d'utile également sur la deuxième victime. Et ma foi, personne ne semble l'avoir retrouvée. Je ne suis pas retourné sur le lieu cette fois-ci. Je me suis dit qu'il y aurait sans doute une enquête plus officielle que pour le demi-orc, les habits de la jeune femme faisaient plus chics. Je me suis dit. Car, ensuite, je n'ai rien entendu d'officiel ou d'officieux par les canaux que j'utilise habituellement.

Je préfère ne pas te dire la raison pour laquelle je me trouvais dans le sauna où j'ai découvert la troisième victime, tu permets. Mais effectivement, j'avais rêvé que j'étouffais dans les flammes avant de découvrir le cadavre toujours sans visage d'un nain avec le symbole du feu gravé aux mêmes endroits que les deux précédentes victime. J'ai fait comme les deux premières fois, je l'ai caché, ce coup-ci dans une remise. Je te passe les détails, il n'y en avait pas. Aucun objet pour identifier le cadavre qui était de toutes les manières nu comme un ver.

Et encore une fois, pas une seule rumeur en ville, pas un garde qui pose des questions. Est-ce que je sers à étouffer une affaire ou un rituel occulte ? Quel est encore mon rôle à jouer ? D'où venaient les victimes ?

Pas de réponse...

Et pourtant, j'en aimerais vraiment, crois-moi, car la nuit dernière, j'ai rêvé que je me noyais. J'étais dans une piscine, dorée, je me débattais, incapable de lutter contre la pression sur mon visage d'une sorte de force invisible qui me maintenait sous l'eau. J'étais une femme, aux cheveux couleur du blé mûr. Les images étaient plus vives que les premières fois. Un amour infini aussi m'habitait. Comme si cette femme était tout ce que j'avais pu jamais désirer. J'étais en elle, pur, lavé de tous mes péchés, pardonné, aimé et en même temps, j'étais pétrifié, saisi par la plus intense des terreurs, ce n'est pas que ma chair qui allait être meurtrie mais aussi mon âme. Il y a un moment, où, à travers l'eau émeraude, j'ai aperçu plusieurs visages, peut-être celui des anciennes victimes... Et puis je me suis réveillé.

À chaque fois, j'ai fait des rêves pendant trois nuits avant de retrouver les victimes. Il reste deux soirs. Je ne veux pas avoir à cacher un quatrième corps.

Je sais que tu n'es qu'une statuette un peu désuète, que les gens rigolent quand je leur parle de toi, une femme à tête de chat... Pourtant, je crois en toi. Est-ce que tu m'aideras à trouver quelqu'un pour empêcher qu'un quatrième visage soit dérobé ?

Est-ce que tu m'aideras ?

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Vous êtes ici.

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Parfum en l'air
imprégné
nez ému
et les mots dansent

Joie éphémère
éprouvée
à la vue
d'une Passante

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Mes ancêtres vivaient dans un campement, qui allait de venir un village, qui allait devenir une ville, qui allait devenir LA ville.

Mon aïeul vendait à ses voisins les créations culinaires de sa femme. Seulement si l'amour de mon ancêtre l'aveuglait au point de tout pardonner à sa chère et tendre, ce n'était pas le cas des estomacs des autres villageois.
Très vite la vente aux étrangers de passage s'est avérée plus rentable et moins risquée.

La tradition s'est perpétuée dans notre famille, chaque fils ainé reprenant le flambeau de la vente de nourriture à emporter. Est-ce la malchance, le destin ou une blague de mauvais goût d'un Dieu facétieux ? Quoi qu'il en soit, il semble que chaque fois la femme épousée fut aussi mauvaise cuisinière que le fils fut bon commerçant.

Heureusement la croissance de Laelith apporta son lot d'évolution. Les égouts se révélèrent une incroyable source d'approvisionnement en viande fraîche... enfin encore vivante quoi... ou morte depuis peu en tout cas.

Aujourd'hui c'est moi qui suis le digne représentant de cette longue histoire familiale.

J'adore c'métier, il me permet de croiser tellement de nouveaux visages, faut dire aussi que j'évite de recroiser deux fois l' même visage.
Ce matin un p'tit homme avec une drôle de chemise à fleurs a même rigolé en m'achetant un encas, il m'a dit que j'lui rappelais quelqu'un de chez lui.

Et pourtant j'peux vous jurer que j'ai jamais quitté Laelith. Tenez si j'mens vous pouvez m'trancher la gorge.

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Brève de taverne

_ "Tu sais quoi ?"

_ "Non, quoi ?"

_ "Dame Lisbeth, la courtisane la plus sulfureuse la Maison des Milles Fleurs est de retour à Laelith !"

_ "Non ? Il va falloir que j'économise pour aller la voir... elle était si elle est de retour après quinze ans d'absence ! Ses tarifs ont du sacrément augmentés par contre..."

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Plic. Plic. Plic.

L'échelle n'est plus qu'à quelques mètres. J'avance comme je peux. Cela fait bien deux minutes que j'ai cessé d'appuyer sur la blessure qui orne mon flanc, et le sang qui a trempé mon tabard gris s'échappe par gouttes sur les pavés.

Plic. Plic.

Je saigne. Ce n'est pas si grave que ça en a l'air. S'il n'y avait que l'estafilade, je ne craindrais pas pour ma vie. Mais j'ai vue la lame, verdie par un poison sans nom. C'est lui qui m'affaiblit, au point que je doute de ma capacité à monter l'échelle. Je vais l'atteindre au prochain pas. Elle me semble si haute. Si haute !

Plic. Plic. Plic. Plic.

Une pause. Il faut que je réfléchisse. Il est probable qu'ils me poursuivent encore. Ils ne vont pas tarder à remarquer les perles de sang qui ornent la chaussée. Dire que sur une autre terrasse, le sang aurait été absorbé par le sol. Il a fallut que ça se passe ici.

Un vertige. Me*de. Il faut que je monte cette échelle. Une fois là haut, je devrais pouvoir les semer. Je connais quelqu'un qui fera peut-être quelque chose pour le poison. Allez, courage Penarus !

Plic. Plic.

Deux pas sur l'échelle et me voilà un genoux à terre. Je dois me relever. Instinctivement, je porte la main devant ma bouche pour étouffer une plainte. Il faut que j'avance encore.

Trois marches. Quatre. Six. Huit. Un nouveau vertige me force à stopper. Je fais une pose. J'entends des cris aux loin - mon coeur se serre. Non, fausse alerte. Enfin, je crois.

Plic.

Allez ! Allez ! J'ai parcouru la moitié du chemin. Ma tête tourne. Je sais que c'est le poison. Si je perds connaissance, je meurs. Bordel, je ne veux pas crever ici à cause d'un truc que je ne comprends même pas !

Plic. Plic. Plic.

Mon pied glisse. Ou c'est peut-être ma cuisse qui a faiblit. Je suis tombé en avant et mon front a heurté les marches - je n'ai pas eu le temps de mettre la main pour me protéger. Je crois que j'ai reculé de quelques mètres aussi. je ne sais pas si j'ai le courage de me relever.

Sur ma droite, je repère une alcôve sombre. Je m'y traîne avec l'énergie du désespoir. Peut-être qu'ils ne me trouverons pas ici. Je peux l'espérer. La nuit est profonde, et il n'y a pas de lumière ici. Me*de. Le sang. Il laisse une longue traînée qui part des marche de l'échelle pour aboutir à moi. Tant pis. Je n'aurais pas la force de nettoyer de toute façon.

En d'autre temps, j'aurais prié le Roi-Dieu pour qu'il m'accorde un miracle. Mais là, ce n'est pas possible. Pas avec ce que je sais. Et d'ailleurs, il est mort le Roi Dieu. Il est mort depuis 3 jours. La ville le pleure. Moi, il y a peu de chance qu'on me pleure.

.
.
.

Je crois que j'ai perdu connaissance. Longtemps ? Non, à priori. Il faut toujours nuit noire. J'entends des pas qui monte l'échelle. Lentement. Peu de chance que ça soit un fêtard. Il s'arrête devant l'alcôve. C'est pour moi.

Je n'ai presque plus peur. C'est plié, de toute façon. Il n'y avait aucune chance que je leur échappe. pas avec cette saleté de poison. Je suis mort. Enfin, je vais l'être dans quelques secondes.

Je revois ma dernière heure. Ma cachette tranquille, avec vue sur une maison bien bourgeoise. L'attente. Il me fallait être sûr que je ne serais vu par personne avant de passer cette fenêtre. Puis les deux groupes de personnes masquées qui sont apparues au bout de la rue sombre. Un bijou doré qui passe d'une main à l'autre. Je me rappelle avoir pensé qu'il devait valoir son pesant de monnaie. Les paroles échangées, qui n'ont aucun sens. "C'est pour les Lions Blanc. Ils t'obéiront". Mon innattention. Mon coutelas qui tombe sur la chaussée.

A bien y réfléchir, c'est peut-être à ce moment là que je suis mort, en fait. Et pour quoi ? Pour des lions blancs ? C'est quoi ça ? Un code ? Je n'y comprends rien. Ça n'a aucun sens.

L'assassin m'a vu. Il s'approche de moi. Il se met accroupi. Je n'ai pas la force de me défendre, de toute façon. Ses yeux - la seule chose que je voix à cause de ce masque - n'expriment rien. D'une voie chantante, il me balance un "Désolé". Je vois bien que ce n'est pas le cas. J'enrage. J'essaie de donner un coup de pied, mais ma jambe ne bouge même pas. Le poison, certainement. J'essaie de lui cracher au visage, mais ma bave s'écoule lamentablement sur mon menton. Elle n'atteint même pas mon pourpoing. Mon impuissance décuple ma rage. Je voudrais hurler, pleurer, faire quelque chose. Rien.

Par le Roi-Dieu, qu'est-ce qu'il attend ? Il me regarde comme si j'étais une boite en bois. Il a pitié de moi ou quoi ? Non. Ce n'est pas ça. Il n'y a aucune pitié dans ses yeux. Non. Il attends, simplement. Il attend de voir si le poison fait correctement son effet. Il observe.

J'ai du mal à respirer. Un hochement de tête. Il a l'air satisfait, le salaud. Il va me regarder crever comme un rat à qui l'on a refilé une dose de perd-ton-sang. Je suis un p****n de cobaye en fait.

Puis il sort sa dague et me la plante trois fois dans la poitrine.

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Les sombres capes.

Tu ne les as pas remarqués ? Depuis le temps que tu découvres les secrets de la cité, quand même. Il y a trois nuits, encore dans le quartier des... Non ? Tu ne veux pas savoir où ?

T'es vraiment le roi de la pétoche, toi.

Hein ? Ah oui, cette histoire de mange-visage dont tu m'as causé, hier. Écoute, mon chat, je veux bien t'accompagner trouver cette fille dont tu as rêvé. Je suis curieux. T'as de la chance. Il y a sans doute autant de mystères que de murs dans cette cité de toutes les manières.

Mais j'ai vraiment envie de savoir qui ils sont. Ils avancent bizarrement tu vois, emmitouflés dans leur longue cape aile-de-corbeau. Ils me font un peu penser à des oiseaux, d'ailleurs. Sauf qu'ils ne sautillent pas, on ne remarque pas vraiment de mouvement sur leurs épaules d'ailleurs, ils semblent « glisser » ou patiner. Peut-être même qu'ils lévitent à quelques centimètres du sol. Je n'ai pas pu analyser leurs traces, le sol était pavé et, de surcroît, il pleuvait.

La première fois que j'en ai remarqué un, il était tout seul, il se tenait à côté d'un puits, j'ai eu l'impression qu'il en sortait... c'était le puits de... non ? Tu ne veux toujours pas savoir ? C'est pourtant là qu'un magicien qui prédisait la fin de la cité était censé être tombé la semaine précédente.

Ce qui m'a frappé, c'est la blancheur marmoréenne de sa peau. Enfin du peu de peau que je pouvais apercevoir sous le chapeau, le foulard et le manteau. Juste un rectangle de chair qui découpait le haut du nez, les yeux et le bas du front. Enfin, les yeux. Il avait les yeux clos, ça ne semblait pas le gêner. Il ne faisait pas de bruit, je n'entendais rien, comme s'il absorbait le son. J'ai voulu détecter la magie sur lui, mais à ce moment il a tourné le visage dans ma direction, toujours les yeux fermés et j'ai senti que je ne devais absolument pas voir son regard, qu'il allait être aussi noir et infini qu'une nuit sans étoiles, que j'allais être absorbé en lui.

J'ai donc rapidement fait demi-tour mine de rien et j'ai continué mon chemin.

Et ensuite, eh ben, ça a été la même chose, toutes les 5 nuits, toujours sur un lieu où quelqu'un avait disparu et toujours la nuit.

Quoi ? Ce que je fais sur des lieux où des personnes ont disparu ? J'enquête, tu sais bien. Je travaille pour un client...

Hein ? Non, je n'ai pas enquêté plus que ça sur le client, il est magicien et affilié aussi à un des temples. C'est un client qui n'aime pas les horreurs ou les démons. Elle... euh... il apprécie mes talents de détection : la magie, le noir, combattre en aveugle, tout ça... Moi, ce n'est pas un problème. Et puis, je t'avoue que je cherche aussi le masque dont je t'ai causé. Cette âme s½ur qui a un jour posé la main sur mon épaule. « Ne te retourne pas ». Peut-être que c'était un signe pour ces hommes en noir. Il ne faut pas se retourner quand tu les aperçois, il ne faut pas les regarder en face.

Tu m'excuses, je m'égare... Tout ça pour te dire que toutes les cinq nuits, il y en a un de plus. La deuxième fois que je les ai vus, ils étaient deux. Et il y a trois nuits, ils étaient quatre.

Ça devrait recommencer dans deux nuits, comme ton histoire de mange-visage. Je ne sais pas si ton histoire et la mienne sont liées.

Ah mon vieux. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, je peux te dire. La cité vibre, rayonne, gonfle, quelque chose est en train d'arriver. Qu'est-ce qu'il doit se passer dans deux jours ? Dans deux nuits, j'aimerais les suivre avec toi. On pourrait trouver plus de monde si tu veux. C'est pas comme si on manquait de mecs curieux et courageux dans cette ville, non ?

Bon, c'est sûr, j'apprécierais aussi que ton histoire de gardien de portes ait un fond de vérité et qu'on puisse avoir un coup de main. Mais pour l'instant, je ne veux faire que de la reconnaissance. Savoir où filent les sombres capes.

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Rrrrrrrrr...

Donc...

Que ça soit bien clair pour moi, hein... les deux seules personnes que tu emploies sont un félis roublard qui est destiné à devenir gardien des portes et un demi-elfe bretteur et un peu sorcier qui a été choisi «apparemment » par le « véritable » pouvoir qui est ?

Ils s'appellent comment ?

Zaïgar et « Moustache » ?Ah ah ah ah. Mais c'est quoi ces noms ? Il a pas de nom l'homme-chat ?

Si... mais il ne donne pas son nom véritable parce qu'il a peur qu'il soit utilisé par des magiciens ?

Pas bête.

Mais... Tu crois vraiment qu'ils feront la différences à eux-seuls ?

Hein ?

Non, parce que moi les élus, je me méfie. Je crois au libre-arbitre, tu entends. T'as vu comment je suis avec toi.

Quoi ?

Oui, oui, oui, je sais... je sais, je ne suis que ton familier chat, mais justement, j'ai du libre-arbitre et je suis de bon conseil, enfin... en général. Ce n'est pas certain que tu aurais atteint une telle position dans le temple de l'eau et dans ton collège de magie si je n'étais pas si particulier. Y en a combien des chats avec des ailes ? Hein ? Ou qui voient la magie et l'invisible comme moi ?

Tu dis ?

Ce que je suis c'est exactement ce qu'ils sont ? La même chose ? Le même libre-arbitre de leur côté et la même détermination ? Ils ont du pouvoir comme moi et ils en feront ce qu'ils veulent ? CQFD, t'inquiètes-donc-pas-mon-minet ?

Hum.

C'est juste que je m'inquiète pour toi. Et si t'étais la fille de la vision de ce Zaïgar, là ?

Comment ? C'est pour ça que tu as besoin d'eux ? Parce que ça « pourrait » être toi. Rhaaa, tu ne pouvais pas le dire avant ?

Je dois faire quoi alors ? T'abandonner sur les deux prochaines nuits et les surveiller ? Je les rends invisibles aux sombre capes si jamais ils se font remarquer ?

Ah... mais, mais tu... tu ne voudrais pas embaucher d'autres combattants qui sauraient aussi combattre en aveugle ? Non ?

Le gardien des portes ? C'est tout ce qui t'importe comme aide pour le moment dans les deux jours qui viennent ?

Ah d'accord... et une fois qu'ils l'auront trouvé, c'est quoi ? Le pays féérique des licornes et des nymphes et on forme une équipe tous les cinq pour protéger officieusement la cité ? Et on s'appellera comment ? « La main » ? Les « cinq » ? Les masques rouges ? Eh eh eh, tu serais drôlement belle avec un masque rouge, ça irait avec tes cheveux.

Pfff... Oui, je sais… je râle et y a des menaces réelles qui grondent... et j'étais pas là ces derniers jours pour des raisons personnelles, mais c'est réglé... je te dis, c'est réglé. On peut pas me reprocher d'avoir voulu féconder la seule chatte ailée que j'ai jamais vue dans cette cité...

Hein ? Non, mais ok, te trompe pas, j'ai rien contre la justice céleste ou servir le bien, sinon je ne serais pas ton familier. Mais c'est juste qu'on est pas beaucoup. Tu ne vas pas me dire qu'il n'y aurait pas d'autres personnes avec des qualités requises en ville pour que nous on puisse continuer à opérer à l'arrière-scène. Hein ? tu...

Quoi ?

Oui, ok, j'approche. Oui, c'est ça caresse-moi. Ah bon, sang, tu sais que je ne peux pas te contredire quand tu me fais ronronner. Arrrrh... Oui, oui... je suivrai « discrètement » tes deux zouaves ou ceux qu'ils embaucheraient, d'accord, d'accorrrrrd. Rha. Gratte-moi un peu plus bas. Oui, là, c'est ça... Rrrrr...

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Brève de Taverne:

- Tu te souviens! Comment il s'appelait déjà le paltoquet?

- Le fouineur, ce renfrogné! Lamb quelque chose dans le genre...

- Ouais! Un vrai cave, on a pas mal bourlingué en ville à cause de lui.

- Le gaillard a entubé quelques pigeons, l'enfoiré.

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supprimé

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J'ai manqué de discrétion. Trop volé au même endroit. L'homme a appelé des renforts : j'ai un tueur à mes trousses. Tu es imprudent, tu meurs.

Je dévale la rue, sautant sur les pavés rendus glissants par la pluie. Je sais ce que j'ai à faire. Je dois semer mon poursuivant, veiller à ne pas le mener jusqu'à la planque. Je me faufile dans l'ouverture de l'égoût et m'enfonce dans l'obscurité. Pas d'hésitation. Tu es imprudent, tu meurs.

Je connais les lieux par coeur. Je cours sur la berge encombrée d'immondices. Une nasse en fer forgé, menaçante, m'incite à un détour. L'odeur du leurre fait gronder mon estomac : j'ai faim. J'ai toujours faim. Tu es imprudent, tu meurs.

Deux croisements, je tourne à droite sous la grande place. Demain les hommes s'y presseront pour échanger de la nourriture. En attendant, c'est le grand ménage chez les équarisseurs : l'air de la galerie se charge de la lourde odeur un peu sucrée de la chaire morte. Je n'hésite pas et plonge dans le courant. Tu es imprudent, tu meurs. L'eau a un goût métallique. Les flots charrient des débris de viande, des éclats d'os, des restes d'abats, de peau, de graisse qui me collent au corps. L'odeur est suffocante, parfois aigre et faisandée, parfois cuivrée et piquante. Cela couvrira mes traces.

Mes yeux se sont adaptés à l'obscurité. Je progresse en zigzag dans les couloirs humides. Je remonte la Grande Cascade en évitant le plus gros du courant : la pluie collectée à la surface s'écoule ici en torrent. Je n'entends aucun bruit de poursuite. Je n'entends que le bruit assourdissant de l'eau qui draine la pisse et la merde des hommes vers les profondeurs de la terre. Je ne m'arrête pas. Tu es imprudent, tu meurs.

Il y a une lueur au bout du tunnel. Ce n'est pas normal. Revenir sur mes pas pour prendre la galerie parallèle ? Trop long. Je trace. Tu es imprudent, tu meurs.

Dans le maître égoût, le courant se fait paresseux. La lumière vient d'ici, d'une grosse bougie posée à la proue d'une petite embarcation. Son subtil parfum de graisse brûlée frise mes narines. Je compte deux hommes dans la barque. Ils cachent leur visage. Ils portent des plumes noires. On dirait des corbeaux. Un troisième se tient sur le chemin qui suit la galerie, légèrement penché pour éviter de se cogner contre l'arche. Lui-aussi est vétu de plumes. Il porte un objet pointu dans la main. Les trois hommes chuchotent avec agressivité, ils semblent agacés. Je peux passer par la poutre au dessus de leur tête, ils ne me remarqueront pas. Tu es imprudent, tu meurs.

Je n'avais pas vu le quatrième homme recroquevillé contre la paroi. Il tient son ventre d'où la vie s'échappe. Je le reconnais. Je m'arrête sur la poutre, intrigué. C'est le Ratier qui agonise. Le Ratier. Je frissonne. Tu es imprudent, tu meurs. L'un des hommes de l'embarcation fait de grands gestes énervés. C'est le chef de la bande. Il crache quelques mots à l'homme resté à terre qui se met à gratter le mur avec son poinçon. Il déscelle quelques briques et les glisse dans les vêtements du Ratier. J'observe la scène sans comprendre d'abord, puis il pousse le corps dans la fange et je regarde le Ratier s'enfoncer dans l'eau épaisse, disparaître enfin dans un dernier gargouilli. Un cadavre de rat se détache de la ceinture du mort et vient flotter contre la barque où le grand corbeau rejoint ses congénères.

J'ai été imprudent. Je n'aurais pas dû m'arrêter. J'entends trop tard le furet qui bondit dans l'ombre derrière moi. J'ai été imprudent.

- Qu'est-ce que c'était que ce bruit ?!
- Bah, un rat probablement, ça pullule dans le coin.
- Trève de bavardage, bougez vos fions ! On a perdu assez de temps avec ce con, il faut qu'on sorte de l'enceinte du palais avant le lever du jour !

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Ça paraissait une bonne idée. Quand on veut gagner de l’argent (enfin, de l’or), qu’on a les doigts agiles et qu’on n’a pas trop envie de travailler, le meilleur moyen, c’est de voler les voleurs. Et, grâce à une longue période de reconnaissance dans la ville (après être sortis de ce foutu Lazaret), on a trouvé une équipe qui avait l’air de connaître son affaire, utilisant avec une rare maîtrise les souterrains de la ville. Oui, on venait d’arriver, pour nous, c’était juste des « souterrains ».

Donc, avec moult précautions, on commence à les suivre, et à essayer de repérer leur routine. Impossible toutefois de trouver leur repaire, mais on a vite identifié deux de leurs contacts, immédiatement mis sous surveillance. Dix jours plus tard, bingo, on pressent un gros coup. On se perd un peu dans le dédale de rues et d’échelles mais, coup de bol, grâce à un peu de magie, voilà qu’on retombe sur eux, près des remparts nord. Nos quatre cibles s’engouffrent dans une masure à moitié en ruine. On attend sagement et on se concerte pour mettre un plan au point. Au bout de dix minutes, on décide de défoncer la porte d’entrée. Et là, personne. On râle, on tourne en rond, on se dit qu’il va falloir se mettre à bosser. Mais Berdrec, éminent maître voleur et Nain de son état, voit un truc bizarre, dans la cave. Et si on appuyait sur ce truc, là, et qu’on tirait par là, aussi… Hop, voilà qu’une trappe s’ouvre dans le sol. Méliel, la jolie Demi-elfe qui était là surtout à titre décoratif (et aussi parce qu’elle avait une voix à couper le souffle), gagne enfin son salaire en passant en premier.

Un labyrinthe de couloirs et de plans inclinés. Pas de problème, nous dit Berdrec, je retrouverai mon chemin, ne perdons pas notre temps à faire un plan. Bon, s’il le dit, alors… Méliel, à notre grande surprise, trouve la trace de nos poules aux ½ufs d’or. On les suit, plus ou moins silencieux, sûrs de notre coup. Ils se sont arrêtés au bout d’un couloir, dans une salle vaguement ronde. On les regarde de loin. Avec un peu de chance, ils ont décidé de faire une petite sieste. En fait, non.

Ils commencent à dessiner des trucs sur le sol. Ergathem, le mage (à ce qu’il prétend), se pique d’intérêt pour la scène, et fronce les sourcils, faisant mine de comprendre quelque chose. Ils déposent au centre de la salle un gros sac, qui tinte joliment. Chouette, notre salaire est juste là, à quelques mètres de nous. Ils commencent à chantonner une mélopée un peu étrange, avec une phrase bizarre qui revenait souvent : « Trève de liant », ou quelque chose dans le genre. Bon, qu’est-ce qu’on fait ? Ben on y va, non ? Pendant qu’ils sont occupés à chanter, on peut les avoir par surprise. Très bien, allons-y. Je dégaine mon épée, Méliel sa rapière, Berdrec empoigne sa hache, et Ergathem se demande par quel bout prendre son bâton. Et on fonce.

Ça c’est bien passé, au début. Ils étaient surpris, on a essayé de les assommer, ou au moins de leur taper dessus pour les mettre hors d’état de nous suivre. Même quand les zombis et les goules sont arrivés, on a encore fait bonne figure. Mais les spectres, là, non, quand même, faut pas exagérer. On s'en va. L’espace d’un instant, j’ai eu le choix entre garder mon bouclier, ou prendre le sac. J’ai pris le sac.

Le premier à tomber fut Berdrec. Manque de pot, c’est lui qui connaissait le chemin. Je dois avouer que, dans la panique, on n’a même pas essayé de reconnaître les couloirs qu’on avait empruntés à l’aller. Ergathem, vaillamment, fit face à nos ennemis, et usa de son sort le plus puissant. Il lança une magnifique boule feu. Dans un couloir étroit. À bout portant. Méliel et moi, on lui doit une fière chandelle, sans mauvais jeu de mot. Mais je devais garder l’odeur de brûlé dans mes narines pour plusieurs semaines.

Je ne sais pas comment, mais on a réussi à revenir à l’air libre, quelque part près de l’échelle des mille-marches. Épuisés, blessés, on a regagné nos pénates. Juste le temps de s’effondrer par terre, on se dit qu’on peut enfin regarder ce que contient le sac.

Toc, toc.

Vite, on planque le sac sous un lit.

« Oui ? »

Boum, la porte s’ouvre. Un type maigrichon, entouré de cinq gardes de l’Oiseau de Feu, et qui porte sur son torse deux étoiles de platine. Jolies, ces étoiles, d’ailleurs. Enfin, surtout le platine. D’une voix nasillarde, il commence :

« J’ai ouï dire que vous avez retrouvé les reliques du Temple du Nuage ? »

Les cinq gardes ont la main sur leur épée. On échange un regard avec Méliel. Bon, tant pis…

« Euh, oui, justement, on a mis ça en lieu sûr, sous le lit, là… »

Sur un signe du sinistre personnage, un des gardes va chercher le sac et le lui tend. Il l’ouvre, semble satisfait de ce qu’il y trouve. Il ajoute alors, d’un ton cinglant :

« Il faut que nous parlions à présent de ce que vous pouvez faire pour Laelith. De ce que vous allez faire pour Laelith. »

Et ce fut le début d’une fort déplaisante collaboration avec le premier Fouineur Lamb.

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Trevelian was here !!!

(enfin presque, il s'est pris les pieds dans le tapis et s'est cassé une dent)